ACTE V, SCENE V
HÉfcÈNE.
Ahl tous les bonheurs m'arriventà la fois ! Merci, monsieur
le duc, merci du fond du cœur. (eHc va pour lui tendre la main et s'arrête.) •
LE DVC, lui prenant la main.
Ne vous arrêtez pas dans ce bon mouvement, et accordez-moi cinq minutes d'entretien.
HÉLÈNE, à part et regardant vers la gauche.
Pouvu que Ricliard arrive à temps !
LE DUC, la regardant.
Vous ne m'écoutez pas.
HÉLÈNE
Si vraiment... parlez.
LE DUC, après un instant de silence.
Parler... ce n'est pas aisé... il y a en vous quelque chose... qui me trouble... m'impose, et fait que les expressions n'arrivent pas volontiers sur mes lèvres. Je sens pour vous un respect... que plus d'une grande dame peut-être ne m'inspirerait
pas.
HÉLÈNE
Monsieur!..
Du premier moment où je vous ai vue, je vous ai aimée! depuis que je vous connais, cet amour a augmenté encore, par le piquant de notre rencontre, par l'imprévu, par vos rigueurs peut-être! Si je n'avais pas.le hasard ou le malheur d'être duc, je vous dirais, voulez-vous m'accepter pour mari? car jamais femme n'a réuni pour moi, au plus haut degré., tout ce qui séduit les yeux, l'esprit et le cœur!.. Mais que voulez-vous?., le cœur n'a pas toujours l'audace, le bon sens d'être heureux ! Ce que le mien peut du moins vous promettre, c'est de renoncer pour vous à ce monde qui ne lui permet pas d'être à vous! et dans une vie toute charmante, une vie à part, exceptionnelle, d'oublier tout... excepté le serment de vous aimer toujours.
HÉLÈNE, souriant.
Je comprends... avec toute la délicatesse possible, vous daignez m'offrh:'... la survivance de mademoiselle Diana.
\E DUC , avec chaleur.
Ah ! pouvez-vous parler ainsi de Tamour le plus vrai, le plus sincère! non! vous ne me ferez point cette injure; non! vous ne repousserez point l'existence que je vous consacre tout en-
i2i LES DOIGTS DE FÉE.
tière, quelle qu'elle soit. C'est tout simple. Pauvre, je vous offrirais ma vie, riche, je vous offre ma fortune I