ACTE II, SCÈNE IIL
HÉLÈNE , à part.
Ah î Richard a bien fait de s'en aller.
TRISTAN
Mais ce qui m'a étonné, c'est rexpression de contrariété et presque de colère avec laquelle mon père a accueilli cette proposition d'alliance. Il s'est remis cependant, et touché, autant que possible, de l'honneur qu'on daignait nous faire, il a roponla que Berthe, bien qu'elle fût sa nièce, ne dépendait j)as de lui, mais de monsieur de Ploërmel, tuteur nommé par la famille. Sur ce, madame la marquise, avec un sourire charmant, nous a fait une révérence adorable comme dans un quadrille de Lanciers,, et a disparu dans un flot de mousseline.
HÉLÈNE
Hé bien! alors, où est le mal? et à quoi bon s'effrayer?..
TRISTAN
Attends donc! J'avais laissé grand'mère causant ce matin dans un coin du salon avec Berlhe, et je rencontrai dans une allée du parc mon père qui s'avançait en rêvant. Lui reprochant alors la n\anière froide et sèche dont il avait hier reçu la belle marquise, je lui en demandai la cause... Il m'a répondu gravement que lui et ma grand'mère avaient d'autres intentions sur Berthe.
HÉLÈNE, avec émotion.
Userait possible!., et ces intentions?..
Eh bien!., ces intentions... (Regardant vers la gauche et apercevant Berthe qui s'avance en rêvant.) C'est Berthe! HÉLÈNE.
Elle vient pour essayer sa robe. Va-t'en.
TRISTAN
Non, non!., il faut avant tout que j'aie avec elle une explication...
HÉLÈNE
Y penses-tu?
TRISTAN
Pourquoi pas?
6GKNE IV.
13EÏITHE, venant de la grauche, HELENE, assise et Iravaillant,
TRISTAN
15ERTHE . entrant en rcvant et apercevant Tristan.
Ah! Tristan !.. (a pan.) Ce que vient de ir.e dire ma grand'lîQcre est bien singulier. (Levant la tète.) Bah!., essayons!..
TRISTAN, allant à Berlhe et prenant le milieu du théâtre.
Quelle rencontre !.. moi qui avais une confidence à te faire !
BERTUE.
Et moi qui te clicrcliais pour te parler en secret.
HÉLÈNE, emportant sa robe.
Je m'en vais, alors.
BERTHE
Reste!., toi, c'est nous!
TRISTAN
A moins que cela ne te gêne?
BERTHE
Et ne f empêche de travailler ?
HÉLÈNE
Moi? nullement, je n'écoute pas! (a part et se rassoyant.) Qu'estce que cela peut être?
TRISTAN, hésitant.
Sais-tu, petite cousine... que, depuis un an, tu es bien embellie!
BERTHE , de même.
Sais-tu, petit cousin, que, depuis un an, tu as beaucoup gagné, comme esprit et comme manières!
TRISTAN
Tu crois?..
BERTHE
Certainement.
TRISTAN, haussant ks épaules.
Allons donc!
BEIîTlIi:.
Je le demande à Hélène.
Moi aii>si.
Ill-IÉNE, toujours tiav.TilbEl,
Je n'ai pas regardé...