ACTE II, SCÈNE VIÎI. • 4Î
bien maintenant!... il se dit tout bas... encore elle! ses regards, sa voix, semblent me reprocher la place que j'occupe! le vêtement que je porte... le pain qu'il me donne!... (Avec désespoir.) Et il faut bie;i que j'accepte tout cela pourtant, puisque je n'ai rien... puisque je ne suis rien!
BERTHE
Hélène! chère Hélène!...
HÉLÈNE, se levant.
Oh ! mon père! mon père!... à quelle humiliation ta fille estelle réduite... et pourquoi, en me laissant la pauvreté, m'as-tu légué la noblesse? Si j'étais une fille de paysan, je travaillerais à la terre ; si j'étais ouvrière, je gagnerais ma vie dans les manufactures ; fille d'un bourgeois, je donnerais des leçons de musique, de dessin; mais une Ploërmel!... il faut qu'elle vive des bienfaits des autres!... à la charge des autres!... et encore je suis jeune maintenant... et tant qu'on est jeune on paye sa bienvenue avec sa jeunesse même, on s'acquitte en bonne grâce, en gaieté, en bons offices, en beauté même... puisqu'on fait honneur à ses hôtes... Mais vieille, on n'est plus qu'un fardeau, et, repoussée avec dédain ou accueillie avec regret, forcée souvent de payer l'hospitalité qu'on reçoit... par une sorte de domesticité... Oh ! je voudrais être morte!
BERTHE
Murte!... et ceux qui t'aiment !...
HÉLÈNE
Oui!... toi !.,. tu as raison... je suis ingrate!
LE COMTE, en dehors.
Oui... ma mèrel...
BERTHE
Je les entends! ce sont eux 1