ACTE III, SCÈNE ÏV. Cl
mais elle ne "l'est pas... mais elle ne peut pas Tètre... on se la dispute... on se Tarrache. (au duc.) Vous connaissez Hermance, monsieur le duc?
Oui... de nom.
LA MARQUISE
Hermance. voyez-vous, n'est ni une couturière, ni une marchande de modes; elle est tout cela à la fois, c'est le génie, c'est le goût, c'est l'inspiration ! La femme de député qui arrive de son département, la bourgeoise qui trône à son comptoir, sortiraient de ses mains transformées et grandes dames de pied en eapi
RICHARD
Comme Mi... Minerve du cerveau de Jupiter I
LA MARQUISE, écoutant encore.
Chut!.. Non... ce n'est pas elle... elle ne viendra pas... C'est un chagrin ajouté à tous ceux qui m'accablent... car ma vie en est faite.
LEDUC
Allons donc! tout vous vient à souhait.
LA MfARQUISE.
Oui... au premier coup d'œil chacun me croit heureuse!., je suis veuve ! je suis riche ! mon frère ost directeur général... j'ai personnellement quelques succès dans le monde... on ne parle que de moi, en ce moment... de moi et de mon bal... tout semble me sourire. Eh bien ! non... il y a là une peine secrète qui
me tuera!... (Elle se lève et passe à droite.) LE DUC.
Comment?
LA MARQUISE
Vous vous rappelez, l'autre jour... à l'ambassade de Russie....
Vous étiez la reine de la soirée.
LA MARQUISE, avec dépit.
Non... je ne l'étais pas, et voilà ce qui me rend si malheureuse! Est-ce que vous n'avez pas vu cette petite bourgeoise, que je déteste, et que tout le monde entourait d'une manière si scandaleuse.
LE DUC
Ail ! madame de Berny !
ti LES DOIGTS DE FEE.
LA MARQUISE, avec impatience.
De Berny! Où avez-vous pris d'abord que cette petite femme de banquier eût un de quevousliii donnez toujours?., et apprenez-moi, de grâce, ce qu'elle a de si extraordinaire pour affo- 1er ainsi tout le monde, à commencer par vous , .monsieur le duc.
LE DUC
Moi!..
LA MARQUISE
Vous-même î qui faites toujours son éloge! on la trouve jolie f jolie ! avec son nez en Tair, sa bouche en cœur, et sa taille de poupée. C'est de la beauté qui ressemble à la fortune de mou sieur son mari. Ça ne s'explique pas... Et sa toilette!., des diamants, toujours des diamants... elle ne sort pas de là... (s'asseyan
dans un fauteuil à droite.) PourqUOi UC s'habille-t-elle pas tOUt de
suite avec des billets de banque? caserait bien plus riche.
RICHARD
Et plus dangereux pour elle : la robe risquerait trop
d'être déchirée.
LE DUC, à la marquise.
Permettez... voilà qui rend ma négociation beaucoup plus difficile; car je venais ce matin, Madame, en ambassade pour une grave affaire qui dépend de vous.
LA MARQUISE
De moi ? parlez vite.
LE DUC
Monsieur deBorny... (se reprenant.) Non... j'ôfe le de, ne noua fâchons pas. Monsieur Bemy, mon banquier, désirait vivement, cela doit vous flatter, être invité à votre grand bal de Tambassade persane.
LA MARQUISE, réprimant sa colère.
Lui I... c'est-à-dire, sa femme !
LE DUC
J'atteste que sa femme ne m'en a pas dit un mot. Et, présumant trop peut-être de mon faible crédit auprès de vous... j'ai osé lui promettre une invitation.
LA MARQUISE, se levant.
Monsieur le duc !..
LE DUC
Modérez-vous, de grâce!
LA MARQUISE
Se modérer!.. Vous allez juger vous-mêmes, Messieurs, si