‹ Les doigts de fée; comédie en cinq actesChapitre 45 sur 111 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LAiMAROUISt:, sortant avec JOSÉPHINE, LE DUC, RICHARD.

LA MARQUISE, s'adressant à Joséphine.

Comment, Mademoiselle, ma robe n'est pas encore arrivée..* et vous ne m'en dites rien, et vous êtes là d'une tranquillité. • Mais que l'on courre, que l'on envoie à l'instant même.

JOSÉPHINE, sortant par le fond.

Oui, Madame.

LA MARQUISE, apercevant le duc et Richard.

Ah! monsieur le duc!., (a Richard.) Monsieur... Pardon... Messieurs... de mon émotion! Imaginez-vous, monsieur leduc^ une chose inouïe, inconcevable, qui n'arrive qu'à moi ! Il y a ce matin à la Marche un stcaple-chase, des courses, pour lesquelles doit venir me prendre la belle duchesse de San-Leone,la beauté à la mode. Eh bien!., le croiriez-vous?.. il est une heure... et je n'ai pas encore ma robe du matin... ma couturière ne me l'a pas envoyée... (Avec terreur.) et si elle ne l'envoie pas., comprenez-vous?

C'est à faire frémir...

LA MARQUISE

Aussi... vous le voyez, je n'ai pas deux idées de suite, je n'y suis plus, je n'existe plus.

RICHARD

Ca... aimez-vous, de grâce...

LA MARQUISE

C'est plus fort que moi ! quand j'attends une robe... cela me met dans une inquiétude... dans une espèce de fièvre nerveuse...

LE DUC

Madame!..

LA MARQUISE, s'asseyant sur le canapé à gauche.

Mais, vous voilà... je prendrai sur moi... je vous le promets |

LE DUC

Ah î quand vous le voulez... vous avez un courage!..

LA MARQUISE

(N'est-ce pas? (prêtant l'oreille.) ÉcOUtezl... (Les deux hommes

écoutcat ainsi qu'elle.) j'ai cru quc l'ou vcuait... quc c'était ma robe... Ah ! si Hormance était exacte... ce serait la perfection...

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