ACTE III, SCÈNE XV
matinées entières; la marquise de Fréjus ne parle que crdlel et moi... moi, je ne sais pas ce que je ne ferais pas pour elle..-
LE COMTE
En vérité !
LA MARQUISE
Surtout après sa visite de ce matin! elle qui ne sort jamais ou presque jamais, venir chez moi qui ne Fattendais pas, qui n'osais pas l'attendre !
LE COMTE, bas, à sa mère.
Dites donc que c'est notre nièce.
LA COMTESSE, à la marquise.
Oui, Madame, oui... elle est charmante... et c'est...
LA MARQUISE, l'interrompant.
C'est à confondre détenue, de manières, de distinction! souvent j'ai cru qu'elle était des nôtres!
LE COMTE, étonné.
Comment?...
LA MARQUISE, continuant avec chaleur.
Et. un talent! un goût! c'est moelleux, c'est onduleux, cela dessine et accuse la taille... sans la trahir... (a la comtesse et à Bcrihc.) Vovez plutôt?
la COMTESSE, stupéfaite.
Quoi! cette robe...
la marquise Est-ce qu'on peut s'y méprendre? c'est d'elle! c'est d'ïîermance !
TRISTAN
Hermance !
LE COMTE, LA COMTESSE, avec indignation.
Une couturière! !..
LA MARQUISE, voyant le geste de la comtesse.
Une couturière!... non pas... et vous avez raison de vous indigner... non, pas une couturière! mais une grande artiste! et, comme je le disais ce matin, une fée, une magicienne, qui d'un coup de baguette métamorphose... divinise...
JEAN, paraissant au fond et annonçant.
La voiture de Madame!
LA MARQUISE
Adieu? je vais travailler pour elle, (au comte.) Je veux dire pour vous... puisqu'elle vous recommande si vivement, et tantôt, je l'espère, j'aurai de bonnes nouvelles à vous envoyer.
(Elb sort vivement par la porte du fond.)