‹ Les doigts de fée (volume 2)Chapitre 16 sur 70 · scène vin · texte numérisé non relu

scène vin

Le Comte, La Comtesse, entrant par le fond; Bes* the, Hélène, à droite.

Le Comte (parlant à la comtesse). Oui, ma mère . . rien depuis ce matin! et c'est dans ce moment ... à l'instant même que je reçois . . . (Se retournant et apercevant Berthe et Hélène.) Mesdemoiselles, laissez-nous !

Berthe. Oui, mon oncle. (Bas, à Hélène qu'elle em~ mené.) Viens ! . . . viens ! ... je ne veux pas qu'ils te voient pleurer. (Elles sortent par le fond.)

La Comtesse. Ah ! c'est du château de Trémazan !

Le Comte (se dirigeant vers la table à droite). Oui, les lettres que nous attendions.

La Comtesse (pendant que le comte parcourt vivement la première lettre qu'il vient de décacheter). Nos chers parents ont mis le temps à nous répondre . . . mais j'aime mieux que leurs résolutions aient été mûrement réfléchies . . . (Bile s'assied près de la table à droite.)

Le Comte. 0 ciel !

La Comtesse. Qu'avez-vous donc? . . .

Le Comte (qui s'est assis de Vautre côté de la table). Monsieur de Pontcalec, qui refuse net ... un oncle ! un oncle au même degré que moi ! quel égoïsme et sous quel prétexte ? " Mon château n'est que suffisant pour moi . . . et je ne pourrais, sans me gêner beaucoup . . ." Est-ce que nous ne nous sommes pas gênés, nous, pendant trois ans . . .

La Comtesse. Cela ne m'étonne pas de lui . . . Mais, donnez ! (Prenant une lettre des mains du comte.) Donnez, je suis sûre que madame de Nervac, une femme charmante dont je connais le coeur . . . (Lisant.) " Mon cher cousin, une femme prudente n'introduit jamais chez elle une personne plus jolie qu'elle, et, à aucun prix, je ne consentirais à recevoir Hélène."

Le Comte (avec colère) C'est admirable ! et, en at

tendant, il faut que nous restions chargés de ce fardeau que nous compromettions notre fortune !

La Comtesse. Et nos projets les plus cheis !

Le Comte. Notre avenir !

La Comtesse., L'avenir de nos enfants.

Le Comte. Egoïste ! . . . égoïste ! ... il n'y a que des égoïstes dans le monde ! ... et je parie que madame de Trémazan elle-même, qui est millionnaire . . . (77 a décacheté la lettre avec dépit.) " Merci, mon cher oncle • . ." (S? interrompant.) Que vois-je ! . . . " Merci mille fois de l'occasion que vous m'offrez d'être utile à notre charmante Hélène . . ." Ah! enfin, en voilà donc une qui comprend la famille !

La Comtesse. Les devoirs de la parenté ! . . . Achevons, mon fils . . . achevons ! . . .

Le Comte {lisant). "Je ne puis recevoir notre cousine . . ."

La Comtesse. O ciel ! . . .

Le Comte {continuant). " Mon château est plein jusqu'aux combles ; puis de grandes réparations m'empêcheront d'habiter Trémazan cette aimée, le temps de sécher les plâtres, et vous comprenez que cette pauvre Hélène . . ." {S' interrompant avec colère, se levant et mettant la lettre sur la table.) C'est par humanité qu'elle met sa parente à la porte. {Il passe à gauche.)

La Comtesse {prenant la lettre sur la table et continuant). " Mais rassurez-vous, il se présente pour elle une occasion délicieuse, admirable ! Et comme les bonnes nouvelles ne peuvent arriver trop tôt, j'écris par le même Courier à notre chère petite cousine, pour lui exprimer votre désir et lui annoncer ce que j'ai le bonheur de faire pour elle/" Eh ! mais, quand j'y pense ..." Lui exprimer votre désir . . ." Il doit alors être en même temps arrivé pour Hélène, une lettre . . .

Le Comte. Qu'il faut empêcher d'ouvrir ... et je cours . . . c'est elle !.. .

La Comtesse. Comme elle est pâle !

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