SCÈNE XV
Richard, Tristan, La Marquise, sortant de la porte d droite en costume du matin très élégant, La Comtesse* Le Comte, Berthe.
La Marquise {se retournant vers la droite) Soye2
tranquille, chère belle . . . {Apercevant Tristan qui est en face d'elle.) Ah! monsieur Tristan . . .
Tristan (lui présentant ses parents). Madame . , ma famille! . . .
La Marquise (se retournant vers les deux dames et le comte qu'elle salue). Mesdames, monsieur le ceinte, je remettrai moi-même cette note à mon frère.
Le Comité (avec joie). Quoi! madame! . . .
La Marquise. Eh ! oui, sans doute, elle le veut ! estce que je peux rieu lui refuser ? Mais pardon, mesdames, de vous avoir fait si longtemps attendre, et d'avoir à peine le temps de vous recevoir, c'est pour vous que je sors. Je cours chez mon frère ... je veux y passer avant d'aller au steeple-chase ; cela me dérangera, mais n'importe . (Se tournant vers Joséphine qui se tient au fond, portant son chapeau et son châle.) Joséphine, vous direz à la duchesse de San-Leone, si elle vient . . . que je n'ai pu l'attendre . . . que bous nous retrouverons aux courses.
Tristan (étonné). O ciel! (A la marquise.) La duchesse . . . n'était donc pas là . . . auprès de vous . . . (Il montre V appartement a droite.)
La Marquise (étonnée). Elle! . . . duchesse de San- Leone! (Avec admiration). C'est bien mieux que cela !
La Comtesse. Est-il possible !
La Marquise. C'est bien autre chose !
Le Comte (bas, à la comtesse). Dites lui donc, ma mère, qu'elle est notre nièce!
La Marquise. Ce sont les duchesses qui sont à ses pieds ! madame de Piombo en est folle. La princesse de Sylli passe avec elle des matinées entières ; la marquise de Fréjus ne parle que d'elle! et moi . . . moi, je ne sais pas ce que je ne ferais pas pour elle . . .
Le Comte. En vérité !
La Marquise. Surtout après sa visite de ce matin ! elle qui ne sort jamais ou presque jamais, venir chez moi qui ne l'attendais pas, qui n'osais pas l'attendre !
Le Comte (bas, à sa mère). Dites donc que c'est notie nièce.
La Comtesse (à la maïquise). Oui, madame, oui . elle est charmante ... et c'est . . .
La Marquise (F interrompant). C'est à confondre de
tenue, de manières, de distinction ! souvent j'ai cru qu'elk était des nôtres ! ^
Le Comte {étonne). Comment? . . .
La Marquise {continuant avec chaleur). Et un talent un goût ! c'est moelleux, c'est onduleux, cela dessine et accuse la taille . . . sans la trahir . . . 49 {A la comtesse et à Berthe.) Voyez plutôt ?
La Comtesse {stupéfaite) Quoi! cette robe . . .
La Marquise. Est-ce qu'on peut s'y méprendre ? c'est d'elle ! c'est d'Hermance !
Tristan. Hermance !
Le Comte, La Comtesse {avec indignation). Une couturière ! ! . . .
La Marquise {voyant le geste de la comtesse). Une couturière ! . . . non pas ... et vous avez raison de vous indigner . . . non, pas une couturière ! mais une grande artiste ! et comme je le disais ce matin, une fée, une magicienne, qui d'un coup de baguette métamorphose . . divinise . . .
Jean {paraissant au fond et annonçant). La voiture de madame!
La Marquise. Adieu ! je vais travailler pour elle. {Au comte.) Je veux dire pour vous . . . puisqu'elle vous recommande si vivement, et tantôt, je l'espère, j'aurai de bonnes nouvelles à vous envoyer, {Mie sort vivement par la porte du fond.)