‹ Les doigts de fée (volume 2)Chapitre 39 sur 70 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les Jeunes Filles, assises à droite et à gauche et trcb vaillant, Madame de Berny et Richard, entrant pat le fond avant la fin de la scène précédente, et redescew>

* dant jusqu'au bord du théâtre.

Madame de Berny. Je l'ignorais, je vous le jure ! quoi! M. le duc de Penn-Mar a pris la peine de combattre pour nous ! ... je l'en remercie, ainsi que vous, monsieur, mais c'était inutile ! . . . Que la marquise le veuille ou non, je suis tranquille ! Elle m'invitera chez elle, malgré elle, et par ordre supérieur!

Richard. Co . . . comment cela ?

Madame de Berny. Cela me regarde ! (A Corinne.) J'entre chez Hermance et vais causer avec elle de ma robe pour le bal de samedi prochain.

Esther (bas à Corinne). Vous voyez bien qu'elle ira!

Corinne. Elle n'ira pas !

Madame de Berny. Je viens, en passant, d'admirer avec monsieur Richard quelque chose de délicieux, de ravissant !

Corinne. Je m'en vante! des gerbes d'or dans un nuage bleu.

Madame de Berny. C'est ce qu'il me faudrait ! je la veux ... je la prends ! n'importe à quel prix !

Corinne. Impossible ! c'est commandé . . . c'est pour la reine de Portugal.

Madame de Berny. Ah ! je conçois qu'on envie la royauté ! ( Gaiement.) En attendant, je vais ce soir à l'Opéra ... où monsieur de Berny daigne me conduire . . une représentation à bénéfice ! . . . Ainsi, ma chère Corinne, trouvez-moi une coiffure nouvelle.

Corinne. Je ne sais pas ce que j'ai ... je ne sais (Montrant la cheminée à droite.) si c'est la chaleur de cette cheminée, mais je ne me sens pas inspirée.

Madame de Bernt. N'importe! cheichez toujours inventez -moi des fleurs, des fleurs impossibles, des fleurs qui n'existent pas!

Corinne. Si j'étais de Madame,53 je préférerais quelque chose de simple ... de très simple ... un ruban et une pluie de diamants.

Madame de Berny. Une pluie ! . . . une rivière ! . . . tout ce que vous voudrez ! mon mari ne me refuse rien . . . (Bas à Richard.) quand il est jaloux ... et je m'arrange toujours pour qu'il le soit au commencement de l'hiver.

Richard. A l'époque des bals.

Madame de Berny {regardant sur la table à droite). Ah ! le joli bonnet ! pour qui est-il ?

Corinne. Pour madame la marquise de Menneville.

Madame de Berny. Ah ! ... ce nom-là seul me fait fuir ! (A Corinne.) J'entre chez Hermance et je reviens. (A Esther.) Mademoiselle, vous me prendrez mesure tout à l'heure. (A Richard, lui faisant une grande révérence.) Adieu, mon allié, mon défenseur ! à samedi ! au bal ! car j'irai ! (Elle sort par la droite.)

Richard. Elle y tient ! M (Regardant par le fond,) Justement ... sa rivale et le duc ! • . •

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