scène ni
La Marquise, Le Duc, Richard ; Corinne, Esther, et Les Jeunes Filles, toujours assises et travaillant.
La Marquise (au duc). Je vous remercie, monsieur le duc, de m'avoir accompagné chez Hermance.
Le Duc. Où moi-même j'avais à faire.
La Marquise. Et moi donc ! . . . l'aiFaire la plus importante ! une matinée dansante improvisée à l'ambassade d'Angleterre.
Le Duc. Comme autre fois chez madame d'Appony.
La Marquise. Précisément ! la cour y sera, et c'est pour aujourd'hui à quatre heures (Apercevant Corinne à gauche et allant lui parler).
Le Duc (se retournant et apercevant Richard à droite.) Tci ici !.. .
Richard. Pour une cousine de province qui . • et
fcoi ! que viens-tu faire ?
Le Duc {vivement et à voix basse). Tu ne sais paa sta belle inconnue, elle ... est ici ! chez Hermance ! . . Cest une de ses clientes, j'en suis sûr !
Richard. Comment ?
Le Duc. Je l'ai vue tout à l'heure dans une voiture élégante qui a dépassé la mienne ... et qui s'est arrêtée ici !.. . Elle y est . . . elle y doit être ! je ne sors pas d'ici que je ne l'aie vue ! . . .
Richard. Rester ici ! ce n'est pas possible !
Le Duc. J'ai un prétexte ... les dettes de Diana que j'ai à payer !
La Marquise (qui vient de causer avec Corinne). Ainsi, ma robe pour la matinée d'aujourd'hui . . .
Corinne. Sera prête dans une heure.
La Marquise. Je l'attendrai ... je l'emporterai moimême ! . . . Àh ! je viens de voir, dans le petit salon, une idée, un projet de robe . . .
Cohinne. Dont le dessin est de madame et dont la coupe est de moi.
La Marquise. Une merveille d'élégance, de grâce et d'éclat.
Corinne. C'est pour la reine de Portugal !
La Marquise. Quel dommage !
Corinne. Et ce n'est rien encore . . . c'est quand ce sera fini! C'est dans quelques jours qu'il faudra voir cela ! . . .
La Marquise. Je reviendrai ! . . . (Mie se dirige vers la table à gauche, et examine des échantillons ; 'pendant ce temps, le duc s'adresse à Corinne.)
Le Duc. Mademoiselle, vous serait-il possible de ras sembler les différents mémoires de mademoiselle Diana?
Corinne (cherchant). Diana ! . . . mademoiselle Diana !.. .
Le Duc (à demi-voix . De l'Opéra.
Corinne. J'y suis ! . . . C'est antérieur au règne de madame . . . et cela date de longtemps . . . N'importe, monsieur le duc, je vais interroger notre répertoire.
Richard (regardant vers la porte à droite). Ah madame de Berny!
Le Duc (lui montrant la marquise à gauche). La marquise ! (A Richard en riant) Les deux armées en présence ! heureusement elles ne se parlent plus . • •