SCENE n
Les Précédentes, Richard, qui vient d 'entrer sur ce% dernières paroles et pendant que les deux jeunes fillei
s: mbrassent.
Richard. Ciel
Berthe {poussant un cri). Ah î . . . Hélène. Quelle trahison!... écouter ainsi aux portes., surprendre les secrets des gens . . .
Richard. Eh ! non . . . non . . . Ma . . . a . . . demoiselle. .
j'étais allé . . et je venais, lorsque j'ai . . • c'est-à-dire • „ « non ... je n'ai pas . . .
Berthe {frappant du pied). Si; monsieur . . • vous avez . . .
Hélène. Oui . . . vous avez • . .
Richard. Si . . . si . . . peu ! si peu !
Hélène. Ah ! voyez-vous le traître ... il en convient ... il a entendu ! eh bien pour vous punir . . . vous allez répéter ce que j'ai dit.
Berthe. Ah ! petite sœur ... je t'en prie . . .
Richard {à Hélène). Ah! Mademoiselle ... Mademoiselle, ne vous raillez pas de moi . . . {A Berthe.) Je sais trop bien que ces chères paroles ne peuvent pas s'adresser au pauvre Richard. J'aurais . . . tout ce que je n'ai pas . . . fortune, grandeurs . . . génie . . . que je no 6erais pas digne encore de les inspirer.
Berthe (à part). Voilà qui me touche . . . moi!
Richard. Aussi ... et par malheur ... je me serai trompé . . . c'est évident . . . mademoiselle Hélène n'a prononcé, hélas ! aucune parole . . . aucune !
Berthe. Et si je permettais à Hélène de vous les répéter ?
Richard. Ciel !
Berthe. Les croiriez-vous ?
Richard {hors de lui). Est-il possible!
Berthe. A une condition . . . c'est que vous les oublierez.
Richard {avec chaleur). Jamais !
Berthe. Pendant trois ans au moins !
Richard {avec force). Jamais! jamais!
Hélène {bas à Richard). Ne savez-vous donc pas qus dans trois ans elle sera majeure !
Richard {poussant un cri et tombant dans unfauteuil)t Ah !
Berthe {bas à Hélène). Il ne comprend rien!
Hélène. C'est ce que je disais ! il oublie tout, mêias ses promesses !
Richard. C'est vrai . . . mais pardon . . . pardon . . depuis que je suis ici, je n ai plus la tête à moi !
Berthe. Mais à quoi pensiez-vous donc ?
Hélène (à Bertfc) Coquette! (A Richard.) Ne
ro'aviez-vous pas promis de vous informer, d'agir poo* Tristan?
Richard. Je l'ai fait, et j'ai prié qu'on m'adressât là réponse . . •
Hélène. Où cela ?
Richard. Ici ... ici .. . même pour que vous la lisiez plus tôt.
Hélène (lui tendant la main). Ah î je vous rends ma confiance !
Berthe. Et moi, mon estime.
Hélène (à Berthe). Regrettes-tu encore de lui avoir appris ton secret ?
Berthe. Plus que jamais ! j'aurais eu tant de plaisir à le lui apprendre maintenant.