‹ Les doigts de féeChapitre 34 sur 120 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

bien maintenant!... il se dit tout bas... encore elle! ses regards, sa voix, semblent me reprocher la place que j'occupe! le vêtement que je porte... le pain qu'il me donne!... (Avec désespoir.) Et il faut bieji que j'accepte tout cela pourtant, puisque je n'ai rien... puisque je ne. suis rien!

BERTHE

Hélène! chère Hélène!...

HÉLÈNE, se levant.

Oh! mon père! mon père!... à quelle humiliation ta fdle estelle réduite... et pourquoi, en me laissant la pauvreté, m'as-tu légué la noblesse? Si j'étais une fille de paysan, je travaillerais à la terre; si j'étais ouvrière, je gagnerais ma vie dans les manufactures; fille d'un bourgeois, je donnerais des leçons de musique, de dessin; mais une Ploërmcl!... il faut qu'elle vive des bienfaits des au très!... à la charge des autres!... et encore je suis jeune maintenant... et tant qu'on est jeune on paye sa bienvenue avec sa jeunesse même, on s'acquitte en bonne grâce, en gaieté, en bons offices, en beauté même... puisqu'on fait honneur à ses hôtes... Mais vieille, on n'est plus qu'un fardeau. et, repoussée avec dédain ou accueillie avec regret, forcée souvent de payer l'hospitalité qu'on. reçoit... par une sorte de domesticité... Oh 1 je voudrais être morte!

BERTHE

Morte!... et ceux qui t'aiment !...

HÉLÈNE

Oui!... toi !... tu as raison... je suis ingrate!

LE COMTE, en dehors.

Oui... ma mère!...

BERTHE

Je les entends! ce sont eux !

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