‹ Les doigts de féeChapitre 76 sur 120 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LES JEUNES FILLES, assises à droile et à gauche, et travaillant MADAME DE BERNY et RICHARD, entrant parle fond avant la fin de la scène précédente, et redescendant jusqu'au bord du théâtre.

M AD AME DE BERNY

Je l'ignorais, je vous le jure! quoi! M. le duc de Penn- Mar a pris la peine de combattre pour nous !.. je l'en remercie, ainsi que vous, Monsieur, mais c'était inutile!.. Que la marquise le veuille ou non, je suis tranquille! Elle m'invitera chez elle, malgré elle, et par ordre supérieur!

RICHARD

Co... comment cela?

MADAME DE BERNY

Cela me regarde! (a Corinne.) j'entre chez Hermancc et vais causer avec elle de ma robe pour le bal de samedi prochain.

EST H El;, bas i Corinne.

Vous voyez bien qu'elle ira !

CORINNE

Elle n'ira pas!

M ADAM E DE BERNY

Je viens, en passant, d'admirer avec monsieur Richard quelque chose de délicieux, de ravissant! GORINN i:.

Je m'en vante! des gerbes d'or dans un nuage bleu.

MADAME DE BERN Y

C'est ce qu'il me faudrait! je la veux... je la prends! n'importe à quel prix !

CORINNE

Impossible! c'est commandé... c'est pour la reine de Portugal.

MADAME DE BERN Y

Ah ! je conçois qu'on envie la royauté! (Gaiement. )en attendant, je vais ce soir à l'Opéra... où monsieur deBerny daigne me conduire... une représentation à bénéfice !.. Ainsi, ma chèrcCorinne, trouvez-moi une coiffure nouvelle.

CORINNE

Je ne sais pas ce que j'ai.,, je ne sais (Montrant la chemiuéc à droite.) si c'est la chaleur de cette cheminée, mais je ne me sens pas inspirée.

M ADAM E DE BEUNY.

N'importe ! cherchez toujours, inventez-moi des fleurs, des fleurs impossibles, des fleurs qui n'existent pas!

CORINNE

Si j'étais de Madame, je préférerais quelque chose de simple... de très-simple... un ruban et une pluie de diamants

MADAME DE DERNY.

Une pluie!... une rivière!., tout ce que vous voudrez! mon mari ne me refuse rien... (Bas à Richard.) quand il est jaloux... et je m'arrange toujours pour qu'il le soit au commencement de l'hiver.

RICHARD

A l'époque des bals.

MADAME DE BERNY, regardant sur la table à droi e.

Ah ! le joli bonnet! pour qui cst-il?

COR INN E

Pour madame la marquise de Menneville.

MA DAME DE UERNY

Ah!., ce nom-là seul me fait fuir! (a Corinne.) J'entre chez Ilermance et je reviens, (a Esther.) Mademoiselle, vous me prendrez mesure tOUl à l'heure, (a Richard, lui faisant une grande révérence.) Adieu, mon allié, mou défenseur ! à samedi ! au bal ! car

j'irai ! (Elle sort par la droite.)

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