‹ Les doigts de féeChapitre 96 sur 120 · UCHARD · texte numérisé non relu

UCHARD

Qu'avez- vous donc ?

MA DAME DE BERNY

Je ne réponds plus de rien !

HÉLÈNE

0 ciel !

MADAME DE BERNY

Si M. Balthasar vote pour, mon mari votera contre !

IUCIIARD.

Ils... ils... sont... confrères.

MADAME DE BERNY

Ils sont ennemis !

RICHARD

C'est... c'est ce que je voulais dire !

MADAME DE BERNY

Ils se détestent !.. une rivalité...

RICHARD

De femmes !

MADAME DE BERNY

Non, de millions! Vous ne savez pas quelles haines effroyables s'allument de millionnaires à millionnaires! nos jalousies, à nous autres femmes, l'envie des hommes de génie, entre eux, les guerres même des conquérants ne sont que des idylles auprès des haines des capitalistes de nos jours; auprès de ces combats acharnés de spéculateurs qui rivalisent de créations industrielles, qui luttent de chemins de fer, qui joutent de luxe, de profusions, d'extravagances! M. Balthasar donne un bal de vingt mille francs, M. de Berny donne un souper de quarante ! M. Balthasar crée une revue, M. de Berny fonde un journal ! Enfin, si, par honheur, .M. Balthasar à l'idée de so construire un hôtel, mon mari nu; donnera sur-le-champ un palais; j'y compte bien. G'esl un steeple-chase de vanité prodigue, où le vainqueur ne voit, pour prix de la course, que le désespoir du vaincu !.. voilà où nous en sommes !

R ICHARD.

Je comprends !.. sachant que M. Balthasar est pour nous .,

I! ÉLÊNE.

Jamais M. de Berny ne consentira à être de son avis.

RICHARD

Aucun moyen... de l'y contraindre?

MADAME DE 13 ER N Y, vivement.

Si ! un seul... (a Richard.) je vous ai dit qu'il était jaloux comme tigre ! et il y a quelqu'un dans ce moment, un adorateur assidu qui le désespère, dont l'image le poursuit même à la Bourse, et trouble ses rêves dorés ! Si je consens à ne plus le recevoir chez moi, mon mari accordera tout!

RICHARD

Quel dévouement!..

MADAME DE B E R N Y. vivement è Hélène.

Mais j'aurai mon invitation?

H É L È N E , de même.

Vous l'aurez !

RICHARD, avec compassion.

Et ce pauvre jeune homme... cet amoureux?..

MADAME DE BERNY, gaiement.

Peu m'importe... je n'y tiens pas !

RICIl A n D.

M. de Berny a donc tort d'être jaloux !

MADAME DE BERNY, à Richard.

De celui-là, oui !.. (se tournant vei-s Hélène.) Adieu... a'Heil. . je

réponds de tOUt. (Elle sort vivement par le fond.)

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