‹ Les Domaines du Chapitre de Bourges au Début du XIIIe SiècleChapitre 5 sur 38 · EE ER · texte numérisé non relu

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sant son écriture dans la phrase de présentation de l’extente «hoc est...» ainsi qu'au f° 342 verso, où il a été ajouté «De baillia Bengiaci», est-il porté à lui attribuer l’intercalation des feuillets sur lesquels figurent les rapports de Girard Vogrin. Le cartulaire de Saint-Etienne n’est pas un ouvrage comparable au recueil de Philippe-Auguste, et pour le savant clerc qu'était Etienne de Gallardon, il n’a pu représenter qu'un mémoire à usage personnel.

. … Même un clerc de la Chancellerie de Philippe-Auguste se trouvait honoré de devenir chanoine et prévôt du chapitre de Saint- Etienne qui comptait parmi les grands corps ecclésiastiques du royaume et dont l'influence, tant dans le domaine religieux que dans le domaine laïc féodal, a été considérable dans le Berry, d'autant qu'elle s’appuyait sur une tradition plusieurs fois centenaire. Les très nombreux incidents auxquels donnèrent lieu les nominations des chanoines sont une preuve de l’importance qui était attachée à ces fonctions. Sans manquer à leur mémoire, on peut penser que pour la plupart de ces personnages, le rôle religieux s’effaçait devant la puissance conférée à leur charge et les revenus matériels qu'elle comportait accessoirement. Un partage d'anguilles a donné lieu à des oppositions si vives qu'il a fallu toute une procédure pour le régler (°).

Ces chanoines prébendiers sont au nombre de 40 depuis la décision du Pape Clément IT de 1189 (). Ils élisent le doyen qui doit se présenter à la porte de l'Eglise avant d’être reçu par les chanoines et jurer de remplir les devoirs de sa charge, et de faire respecter les droits et les immunités du chapitre; alors il est conduit à sa stalle et son autorité définitivement reconnue. Toutefois, il a dû également faire le serment de ne pas être de condition servile avant d’être élevé à cette fonction. Le doyen est élu pour la vie, il représente le chapitre et le dirige, mais les chanoines n’ont pas toujours accepté de bon gré ces directives et de fréquentes querelles se sont élevées quant aux prérogatives respectives du doyen et des membres du chapitre. En 1197, un premier accord intervint et il fut convenu que la juridiction spirituelle sur les paroisses de Beaulieu, Santranges, Sury, Bengy et Chery, appartiendrait conjointement au doyen el au chapitre

(1) RAYNAL. — Histoire du Berry, Tome II, pièces justificatives, page 562 et suivantes.

(2) GIRARDOT. — Histoire du Chapitre de Saint-Etienne de Bouryges, page 13 et suivantes.

et la justice temporelle au doyen seul, excepté sur Beaulieu, la septaine de Bengy et le cloître. Mais de nouveaux différents ont dû surgir puisqu'on trouve trace successivement en 1214, 1250 et 1433, de l'intervention des évêques d'Orléans et d'Auxerre, du cardinal de Sainte-Salune légat, et de l’archevêque de Lyon pour délimiter les droits respectifs du doyen et du chapitre, le doyen voit se limiter ses pouvoirs temporels ; il ne peut recevoir les hommages féodaux en dehors de la présence des membres du chapitre, et il ne peut établir de taille sur les hommes du chapitre.

Parmi les éléments essentiels de la puissance des chanoines, il faut compter au premier plan, le droit qui leur échoit de nommer l'archevêque de Bourges; ce droit leur a été formellement reconnu en 1145 par le Pape Eugène IIT () et même un peu après l’époque du cartulaire, en 1393, le chapitre était enlevé complètement à la juridiction archiépiscopale et soumis directement à Rome. De plus le chapitre était collateur de plano jure des curés de diverses paroisses, entre autres, Bengy, Beaulieu, Sury-en-Vaux, Chéry, Santranges, Bué. |

Le chapitre de Saint-Etienne est également un important seigneur féodal, il a de nombreuses seigneuriés, dont le rapport de ses prévôts donne le détail des revenus, comme tel il est seigneur justicier et fait appliquer sa justice sur ses terres par différents agents. Le chapitre surveille lui-même l'administration de ses domaines, toutes les questions importantes sont réglées dans les réunions capitulaires (*), les comptes sont examinés par des Commissions de trois chanoines, alors que les comptes en argent sont régulièrement arrêtés chaque année à la Saint Jean. Le contrôle est poursuivi sur place par deux prévôts élus annuellement. Le pouvoir royal lui-même reconnaît la puissance du chapitre, en 1174 (), Louis VIT lui accorde des immunités considérables. C'est ainsi que les chanoines obtiennent le droit de fortifier le cloître et, en même temps, il est reconnu que tous ceux qui vivraient dans l'enceinte du cloître seraient libres et ne relèveraient d'aucun pouvoir laïc.

L'importance du rôle joué par le chapitre dans tous les

(1) GIRARDOT. — Histoire du Chapitre de Saint-Etienne de Bourges, page 22. , (2) GIRARDOT, — Histoire du Chapitre de Saint-Etienne de Bourges,

page 90 et suivantes.

(3) RAYNAL. — Histoire du Berry, Tome Il, page 55.

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