‹ Les Domaines du Chapitre de Bourges au Début du XIIIe SiècleChapitre 6 sur 38 · SALE EN · texte numérisé non relu

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domaines a été favorisé par le rattachement réalisé, dès le xn° siècle, du Berry ou tout au moins de la Vicomté de Bourges à la Couronne. La province aurait constitué le fief d’un grand - baron, il est probable que le chapitre aurait eu à souffrir dans ses prérogatives ; mais le Berry a été la première province réunie au domaine royal. Dès le x° siècle, le comté de Bourges, devenu possession héréditaire après son institution par Charlemagne, a été supprimé par le roi Raoul qui a donné la propriété de Bourges au vicomte de cette ville et a décidé qu'à l'avenir ce vicomte comme les autres seigneurs du Berry relèveraient directement du roi. En 1061, un de ces vicomtes Etienne, meurt sans postérité et la vicomté revient à Eudes Herpin ou Arpin qui avait épousé Mabaud de Sully. Il décida de partir pour la Croisade avec le duc d'Aquitaine, et, au moment de son départ, manquant de ressources, vendit sa vicomté en 1101 à Philippe I*, pour soixante mille sous d’or ("). Cependant avec la vicomté de Bourges, le roi de France n'avait pas une juridiction entière sur le Berry, de nombreuses seigneuries se sont élevées en différents points de la province et se déclarent indépendantes. Les plus importants parmi les seigneurs féodaux sont ceux de Sancerre, de Montfaucon, de Charenton, de Germigny, de Vierzon, de Mehun, Issoudun. Suzerains de nombreux vassaux, ces barons ont couvert leurs domaines de forteresses et il faudra de nombreuses interventions royales pour les faire rentrer dans leurs devoirs. Après le règne de saint Louis, le Berry appartenait en partie au domaine de la Couronne et le reste de la province relevait direc- : tement du roi de France comme seigneur féodal. Les fiefs mouvants relevaient de cinq donjons principaux, tous du domaine de la couronne. Ainsi depuis 1234, le comté de Sancerre relève de la grosse tour de Bourges, saint Louis en ayant acquis la mouvance de Thibaud, comte de Champagne. Issoudun et les fiefs de sa mouvance sont définitivement réunis à la couronne par suite d’un échange entre saint Louis et la reine Blanche qui les avait reçu en dot, de même Concressault et Aubigny sont entrés dans le domaine à la fin du xn° siècle (*). En 1230, le Berry est donc presque totalement dans la dépendance du roi de France, et il n’existe plus que de petites seigneuries qui lui rendent. toutes hommage comme suzerain et seigneur féodal. Aucune mention dans l’extenté n'indique que le chapitre eut le

(1) BRUSSEL, déjà cité, page 150.

(2) Raynar, déjà cité, T. Il. préliminaires, page LV et suivantes,

roi de France comme suzerain, ni aucun autre seigneur. Mais la situation de la province au début du xm° siècle étant telle, on peut admettre que le chapitre en la personne de son doyen rendait hommage au roi de France en tant que suzerain. Et il était évidemment beaucoup plus favorable pour le chapitre de relever du roi de France, surtout quand le roi est saint Louis, que d’un grand baron.

Le Berry féodal comportant la vicomté de Bourges en la possession du roi et les diverses seigneuries en relevant, correspond à peu près aux départements actuels de l'Indre et du Cher, dont les limites sont assez voisines de l’ancienne province. Au xur° siècle, le Berry est borné à l'Est par la Loire qui la sépare nettement des domaines des comtes de Nevers. Les autres limites sont beaucoup moins précises, au Sud on trouve le Bourbonnais, déterminé par une ligne coupant le Cher à la hauteur de Châteauneuf-sur-Cher et qui descend rejoindre les sources de la Creuse englobant ainsi une partie de l’actuel département de la Creuse. Si on peut préciser d’une manière assez exacte les limites du Berry et, du Bourbonnais, il n’en est pas de même en ce qui concerne le Poitou et la Marche, là les empiètements mutuels de terrain sont nombreux, c'est ainsi qu’alors que Le Blanc fait partie du Poitou, Belabre et Saint-Benoist-du-Sault, de la Marche, par contre, Boussac fait partie du Berry et relève du diocèse de Bourges. La Touraine et le Blésois ont fait aussi à certaines époques de larges empiètements sur le Berry, le Blésois s'étend jusqu’à Saint-Aignan, Celles-sur-Cher, Romorantin. Alors que la Touraine est délimitée par un arc de cercle qui coupe l'Indre à Châtillon-sur-Indre et la Creuse à Fontgom-

bault (). Dans l’ensemble, le Berry au xur° siècle correspond’

donc aux départements du Cher et de l’Indre, et c’est dans ces limites que le chapitre de Saint-Etienne possède ses terres et ses domaines.

a ——————————————— ——————————— (1) RayNaz, déjà cité, T. Ier, page LVIIT.

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