IMPRIMERIE-LIBRAIRIE DE H. GOEMAERE, ÉDITEUR
RUE DE LA MONTAGNE, 52. d855
préface.
On De connaît pas assez le catholicisme. II n'est suffisamment connu ni de ceux qui l'attaquent ou le dédaignent ni même de la plupart de ceux qui le professent. Cette religion, dont Dieu posa les fondements dès Forigine, qu'il développa sous les patriarches et les prophètes, qu'il amena à sa pleine maturité dans la révélation de son Fils, et qu'il a depuis lors miraculeusement conservée dans l'Église où Jésus-Christ continue de vivre et d'agir; cette religion, qui domine toute l'histoire et dont la merveille efface toutes les merveilles, est à peine connue du grand nombre des hommes. Elle est la lumière du monde, et le monde ne la regarde point. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne la comprennent point.
H n'est pas rare de rencontrer des hommes d'un esprit très-cultivé d'ailleurs, qui ignorent jusqu'aux premiers éléments de la religion. Aussi parle4-on très-souvent
des dogmes catholiques avec la plus inéroyable légèreté. S'agit-il de questions étrangères à l'Église et à la religion dont elle est Torgane, généralement on ne les discute guère qu'après les avoir étudiées ; mais dès que la religion est en cause, toute étude semble superflue, ;et Ton se permet de tout juger sans avoir rien examiné. Que de fois, en lisant les ouvrages d'écrivains graves et sérieux, mais hostiles ou simplement indifférents envers le catho^ licisme, je me suis arrêté confondu et comme étourdi de l'ignorance qu'ils montraient en traitant des matières religieuses!
C'est cette ignorance qui est la source de presque toutes les objections que l'on répète éternellement contre les doctrines de l'Église. On déclare le catholicisme contraire à la raison, parce qu'on ne le connaît point. Vous qui condamnez si légèrement la religion catholique, croyez-vous donc que Bossuet, Fénelon, Pascal, Malebranche, Descartes... n'étaient que des enfants? Croyezvous que saint Thomas d'Aquin, saint Anselme, saint Augustin, trois des plus puissants génies que la terre ait portés, aient voué leur vie à défendre des absurdités et soient morts en confessant des chimères? Croyez-vous que pendant dix-huit siècles, au plein soleil de la civilisation, tant d'hommes incomparables par le génie, la science et la vertu, aient pu s'accorder avec un ensemble si étonnant pour professer des doctrines ridicules, et pour
les professer avec une foi si profonde que plusieurs n'aient* pas hésité à les sceller de leur sang? — Avouez du moins qu'il y a là un phénomène prodigieusement étrange, un phénomène unique dans Thistoire. — « Mais qu'ont-ils donc vu, s'écrie Bossuel indigné de cette présomptueuse légèreté avec laquelle les incroyants prononcent sur le catholicisme, qu'ont-ils donc vu ces rares génies, qu'ont-ils vu plus que les autres? Quelle ignorance est la leur, et qu'il serait aisé de les confondre si, faibles et présomptueux, ils ne craignaient d'être instruits; car pensent-ils avoir mieux vu les difficultés à cause qu'ils y succombent, que les autres qui les ont vues et les ont méprisées? »
Nous ne demandons aux incroyants qu'une chose, l'examen sincère et attentif de nos dogmes. Qu'ils les examinent avec un esprit exempt de préjugés, avec une volonté droite et pure, et que, la main sur la conscience, ils prononcent ensuite! Mais la religion catholique est trop grande et par elle-même et par son histoire pour qu'on la traite avec ce dédain et cette légèreté qui caractérisent les écrits de la plupart de ses adversaires.
Beaucoup de croyants ne connaissent pas non plus assez la religion qu'ils professent. Et c'est là un immense malheur. Aujourd'hui que le monde est devenu un théâtre où s'étalent publiquement toutes les erreurs, toutes les absurdités, toutes les contradictions; au-