‹ Les domes catholiques exposés, prouvées et vengés attaques de l ..., Volume 1Chapitre 8 sur 42 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Doctrine catholique sur la Trinité.

Il arrive très-souvent qu'on attaque le dogme catholique de la Trinité, précisément parce qu'on ne sait point en quoi il consiste. II est donc de la plus haute importance d'en avoir une idée juste et nette.

L'Église enseigne que la nature divine, qui est unique, subsiste en trois personnes distinctes, le Père, le Fils et

le Saiût-Esprit : « Il y en a trois, dit l'apôtre saint Jean, qui rendent témoignage dans les cieux : le Père, le Verbe et l'Esprit Saint; et ces trois sont une seule clwse (i). » Nous confessons d'une part une seule chose, une seule nature divine, une seule substance, une seule divinité, et par conséquent un seul Dieu; et d'une autre part, la foi catholique professe dans cette substance unique trois personnes réellement distinctes, de telle sorte que le Père se distingue du Fils et du Saint-Esprit, le Saint-Esprit du Père et du Fils« a La foi catholique, dit un symbole reçu dans toute l'Église, consiste à adorer un seul Dieu en trois personnes, et trois personnes en un seul Dieu, sans confondre les personnes et sans séparer la substance. Car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit. Mais la divinité du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, est une, leur gloire égale, leur majesté coéternelle (2). »

« Nous croyons fermement et nous confessons simplement, disent les Pères du quatrième concile général de Latran, qu'il n'y a qu'un seul vrai Dieu, éternel et immense, tout-puissant, immuable, incompréhensible et ineffable, le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; qu'il y a donc en Dieu trois personnes^ mais une seule essence, substance ou nature absolument simple {5). »

(1) t Très suntqui testimonium dant in cœlis: Pater, Verbum et Spiritus Sanctus; et hi très unum sunt. » / Joan, v, 7.

(2) Symbole de S. Athariase,

(5) c Finniter credimus et simpliciter confitemur, quod unus solus est Terus Deus, aeternus et immensus, omnipotens, incommutabilis, incom* preheusibilis et ineffabilis, Pater, et Filius et Spiritus Sanctus ; très qui-

Unité de nature, triplicité de personnes, voilà en deux mots le dogme catholique. Ce simple énoncé démontre sur-le-champ quMl n'y a point de contradiction dans ce dogme; car nous distinguons la nature de la personnalité, et nous disons qu'il n'y a en Dieu qu'une seule nature, mais une triple personnalité. On peut contester cette pro^ position, mais je défle l'œil le plus perçant d'y découvrir une ombre de contradiction. J'y reviendrai plus tard. Poursuivons l'exposé de la doctrine chrétienne.

Il y a dans l'unité de la nature divine trois personnes distinctes ; mais dans quel ordre subsistent ces trois personnes? Dans quel rapport se trouvent-elles placées à l'égard l'une de Tautre? Voici la réiponse de l'Église, organe infaillible de la révélation faite par Celui qui habite éternellement dans le sein du Père : le Père est la première personne de la Trinité; du Père procède le Verbe par voie de génération, et c'est pourquoi il porte le nom de Fils ; du Père et du Fils procède le Saint-Esprit. « Le Père n'a été ni fait ni créé, ni engendré d'aucun autre. Le Fils n'a été ni fait ni créé, mais engendré du Père seul. Le Saint-Esprit n'a été ni fait, ni créé, ni engendréy mais il procède du Père et du Fils (i). » Le Père est donc le premier; il est sans principe; il est lui-même le principe des deux autres personnes. Le Fils est la seconde personne ; il procède du Père seul, et il en procède par voie de génération. Le Saint-Esprit est la troi-

dem personae, sed ima essentia, substantiaseu natura siroplez omnin6. » Gap. 1.

(i) Symbole de S, Afhanau,

sième personne; il procède du Père et du Fils, non comme de deux principes distincts, mais comme d*un seul principe, et il n'en procède pas par voie de génération. Tel est Tordre des personnes divines, telle est la sainte et admirable hiérarchie de cette ravissante société où s'écoule dans l'indicible effusion d'un inaltérable bonheur la vie de notre Dieu. Et cette hiérarchie incomparable n'emporte aucune inégalité entre les trois personnes; nulle n'est antérieure ou postérieure à l'autre, car en Dieu il n'y a poiût de temps, il n'y a point de succession ; et toutes ont les mêmes perfections, parce que toutes ont la même nature parfaite. « Dans cette Trinité, dit le symbole de saint Athanase, il n'y a rien de plus ancien et rien de moins ancien, rien de plus grand et rien de moins grand ; mais les trois personnes sont eoéternelles et coégales entre elles. »

Voilà ce qu'enseigne l'Église, voilà ce que nous croyons sur le mystère de la sainte Trinité. Tâchons maintenant de constater la divine origine de cet enseignement.

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