ACTE PREMIER
JOSEPH
A qui? Pardi! à mon maître, M. Durosel, qui me fait damner avec ses habits.
FRANÇOIS
Vraiment?
JOSEPH, imitant son maître.
« Vous brossez à rebrousse-poill... vous ne brossez pas assez!... c’est plein de poussière!. . — Vous brossez Irop, ça use mon drap!... » (Jetant les habits afec colère.) Au diable !a baraque!...
FRANÇOIS, allant h Joseph*.
Pourquoi donc bougonne-t-il comme ça, ton bourgeois? Est-ce qu’il est gêné dans ses affaires?
JULIE
Gêné ? Ah ! ouiche ! il a le gros lot. (Elle s’assied près de la table A’t épluche ses légumes.)
FRANÇOIS
Qu’est-ce qu’ils peuvent avoir de revenu, les Durosel? (il
s'assied près de la table.)
JULIE
Damel le concierge leur donne de dix-huit à vingt mille.
FRANÇOIS
. Ce n’est pas le Pérou!... mais avec des goûts modestes... Il est peut-être jaloux de sa femme!
JOSEPH, avec doute.
Jaloux 1 luil oh!..,
JULIE**
Si madame avait une intrigue, je le saurais.
Julie le saurait.
FRANÇOIS
C’est juste !... Julie le saurait... Alors faut croire que c'est leur fille qui leur donne du tintouin.
JOSEPH
Mamselle Cécile?
JULIE
Eah ! c’est une petite grue qui ne songe qu’à son piano et à lire des. romans.
JOSEPH
Elle en dévore un ou deux toutes les nuits.
FRANÇOIS
Elle se brûle le sang, cette jeunesse... Et ses parents la laissent veiller comme ça?
* Julie, François, Joseph.
** Julie, Joseph, François.
Us n’en savent rien. Tous les soirs, après dîner, mofisleur sort pour aller au calé ou bien au spectacle... Madame va en soirée, où elle cartonne jusqu’à des deux ou trois heures du matin. , * **
FRANÇOIS
Est-ce que vous l’attendez ?
JULIE
Plus souvent!... je lui laisse une lampe.
• FRANÇOIS
Je vois que tu es dans les bons principes.