SCÈNE III
FRANÇOIS, petite tenue de domestique de bonne maison. JULIE. FRANÇOIS, entrant.
Salut à la charmante Julie I (Lui présentant une rose.)
Ain : des Zouaves.
A la sultane de mon cœur,
A la reine des cuisinières,
Cett’ fleur cueillie en son honneur Dans une de nos jardinières!
JULIE, prenant la rose.
Ah ! c’est gentil de me fleurir 1 Une rose fraîche et jolie...
FRANÇOIS
C’était 1’ moyen de vous offrir.
Votre pbo, pho, to, tographie.
JULIE
Toujours aimable et galant, monsieur François I
FRANÇOIS, avec fatuité.
L’habitude du monde !
JULIE, flairant la rose.
Elle embaume.
FRANÇOIS
Ça vaut bien un petit baiser...
. JULIE, minaudant.
Un baiser?... Oh 1 non... non!..
FRANÇOIS
Bahl... pendant que nous sommes seuls.
JULIE
Allons, cueillez-le 1... faites votre bonheur. (Elle tend la joue, il l’embrasse et vent recommencer.) Ah! ben, en v’ià assez. (Elle loi échappe.)
Dis donc, tu ne sais pas, je suis libre ce soir.
JULIE
Vrai?
FRANÇOIS
Oui, mon maître dîne en ville. Si nous profitions de ça pour aller en pincer uneaubaldu Mont-Blanc?... ça va-t-il? (Dansant.) Tra la la la...
JULIE
Certainement, ça m’irait... moi qui aime tant la danse!... mais ça me paraît bien difficile.
• Julie, François.
Et à cnuse?
FRANÇOIS
JULIE
Nous avons justement du monde à dîner.
Ah bah !
JULIE
Un dîner de quatorze personnes.
FRANÇOIS
Excusez du peu!
JULIE. -
Faut que je fricotte pour tous ces gens-là!... quelle
scie!...
FRANÇOIS
Moi qui espérais passer ma soirée «vec toi I (u s’assied prît
de la table.)
JULIE
Enfin je parlerai à madame... Je dirai que ma tante est
plus mal. (Elle porte son livre et l’encrier sarle buffet.)
FRANÇOIS
Est-ce qu’elle est malade?
JULIE*
Eh! non, elle se porte comme le pont Neuf!... c’est un truc!... quand j’ai à sortir, je la mets sur le flanc.
FRANÇOIS, riant et se levant.
Ah! ah! bien trouvé!
Faut bien avoir de l’imaginative... les maîtres sont si
chiens!... ■>