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LES DOMINICÇCAINS
torités scientifiques à la suite desquelles il marche : ce sont les autorités classiques de la géographie ancienne, plus quelques autres qui s'y sont ajoutées dans la suite. Il écrit, en faisant la description de l'Inde :
Non fingo questo di mia opinione, Che se il facessi sarei falso e reo :
Nel mio narrare io seguito Strabone, E sopra a tutto Claudio Tolomeo :
Parte dico di quel'che Plinio pone
E Nicolo German, Biondo e Timeo :
E sigue il Giglio Zaccaria già noto Solin, Pomponio Mela ed Erodoto (1).
Quant à la distribution des terres sur le globe terrestre, Tolosani a les mêmes idées que Dati : l'Asie, l'Europe et l'Afrique forment le monde connu, et les deux dernières régions sont équivalentes en étendue à la première (2).
Ainsi donc, à la fin du xv° siècle, les idées qui devaient conduire Christophe Colomb à la découverte du Nouveau Monde étaient toujours en circulation, quant au principal, dans le monde intellectuel d'alors. L’inventeur des Indes les y puisa sans y rien ajouter de per-
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pris de voir Colomb, à son arrivée en Espa-
sonnel ; il les accepta même avec cet élément erroné qui leur venait d’Aristlote, et que Thomas d'Aquin et Albert le Grand avaient vainement tenté d'arrêler au passage. Tout le génie. de Colomb fut dans l'audace d’une entreprise regardée jusque-là comme impossible, ou au moins souverainement difficile. Il eut incontestablement l'intelligence des idées cosmographiques qui le conduisaient à ses hardis desseins ; mais, encore une fois, bien loin que ces idées eussent été élaborées par son esprit, elles n’étaient que l'héritage amoindri et obliléré des siècles précédents. Ce que la science du xv® siècle possédait de vrai et de fécond, venait de l'antiquité en passant par le moyen âge chrétien, par Albert le Grand surtout, le premier initiateur de la société latine aux richesses scientifiques des Grecs et des Arabes. L'école dominicaine, fidèle au péripatétisme, conserva sans effort l’enseignement traditionnel ; et, au temps de la découverte des Indes, elle n'avait rien renié du fond de son enseignement. Aussi ne devons-nous pas être sur-
gne, trouver son plus ferme appui dans un religieux dominicain, Diégo de Déza, professeur à l'université de Salamanque. Vingt an-
nées d’un patronage constant et efficace feront dire à Colomb, quelques années à peine avant sa mort, que Déza l’a toujours favorisé depuis son arrivée en Castille et que c'est à lui que
Leurs Majestés Catholiques doivent de posséder les Indes.
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