‹ Les dominicains et la découverte de l'Amérique [microforme]Chapitre 18 sur 35 · RER LT NES NES · texte numérisé non relu

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156 LES DOMINICAINS Au temps où Colomb revenait de son qua-

trième voyage, Diégo de Déza élait encore à la:

cour. Le jeune prince dont il était le maître

était mort (4 octobre 4497), à dix-neuf ans, !

emportant dans la tombe les regrets de Ja nation et les espérances des vieux Rois (1). Ferdinand et Isabelle ne voulurent pas se pri-

ver des services de Déza : ils le retinrent près | d'eux et l’élevèrent aux plus hautes dignités |

ecclésiastiques du royaume. En 1497, Déza fut transféré de Zaraora à l'évêché de Salamanque, et l’année d'après à celui de Jaen. Ce fut à ce moment que mourut l'inquisiteur général Thomas de Torquemada (16 septembre 1498). Les Rois désignèrent Déza pour lui succéder dans son office, et il fut confirmé par bref pontifical du 1° décembre de la même

(1) Don Juan, prince des Asturies, était né à Séville le 30 juin 1479 ; il mourut à Salamanque (M. Lafuente, Historia generale de España, Madrid, 1853, t. X, pages 62, 73). 11 existait à la Bibliothèque nationale de Madrid, dans le ms. Dd. 149, page 158, une lettre de Déza aux Rois Catholiques sur la mort du prince don Juan. Des mains rapaces ont fait disparaître les pages, du feuillet 136 à 162. Nous ignorons si ce précieux document a êté publié, ou s’il en existe des copies. Il contiendrait probablement un compte-rendu des derniers moments du jeune prince, que Déza avait assisté.

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ticensis, et Fidei causa Gienennens Castellaequ.

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2). Cet aute pendant qu grand inqu

| fut nommé

mourir Alo p.6+. Dans 697, par cel chés occup l'avons déji grand inq:

d'Espagne.

année. L'année d'après, succomba aussi Alonso de Burgos, le vieil ami de Déza (8 décembre 1499). Celui-ci le remplaça sur son siège de Palencia (1500), et ajouta à ses titres ceux de Premier Confesseur royal et de Chancelier de Castille (1). Il devenait, après les Rois, le

l principal personnage de la cour.

C'est sur Déza que Colomb fit reposer ses

L'espérances pour obtenir justice et protection

auprès de Ferdinand et Isabelle. Certes, il ne pouvait désirer un patron plus puissant et plus dévoué tout à la fois.

({)a Deindein Pastorale album admissus quatuor Episcopalium sedium Antistites, Zzamorensis nempe, Salmanticensis, et Palentinae (quam dum regeret summum etiam Fidei causarum in his regnis arbitrium tutelam suscepit) Gienennensisque una cum honoribus Regii Protomystæ, Castellaeque Cancellarii; atque inde Hispalensis archiepiscopus » (Nic. Antonio, Bibl. nov. Hispan., t. [, 215, col. 2). Cet auteur intervertit à tort Jaen et Palencia. C'est pendant qu'il était évêque de Jaen que Déza fut nommé grand inquisiteur, et pendant qu'il était à Palencia qu'il fut nommé chancelier de Castille. Quelques auteurs font mourir Alonso le 7 novembre. Voy. Gams, Series episc., p.64. Dans Touron, corrigez la date de la mort, t. III, p. 697, par celle de la page 727. Pour la chronologie des évéchés occupés par Déza, voyez plus haut la note où nous l'avons déjà établie. Sur la date de sa nomination comme grand inquisiteur: Lilorente, JZistoire de l'Inquisition d'Espagne. Paris, 1817, t. 1. p. 289.

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Dès sa première lettre à son fils, que dis-je? À mages d dès les premières lignes de sa lettre il rend M Altesses lémoignage de tout ce qu'il doit à Déza. € Mon M profit i

. Cher fils, écrit Colomb, le 21 novembre 1504, Color j'ai reçu ta lettre par le courrier. Tu as bien M des acc fait de demeurer là-bas, afin de remédier à départ l’état de nos affaires et d'y mettre ordre. Le maladie Seigneur évêque de Palencia m'a toujours M effet et favorisé et a toujours désiré mon honneur qu’au pi depuis que je suis venu en Castille ». Parm

Cette parole ainsi jetée avait certainement fait à pour but de rappeler à Diégo tout ce que Déza à faire t avait déjà fait pour son père, et de lui faire en- vaient 2 tendre que, dans ses negociations à la cour, il el étaie devait compter sur le Chancelier de Castille recomm comme sur son plus ferme appui. Colomb Palencia croyait avec raison qu’un patronage qui s'était | Dans : exercé depuis si longtemps et dans des cir- 2 cite Diés constances si solennelles, ne pouvait lui manquer au moment d'une nouvelle détresse. à d) EL Aussi, après avoir signalé le rôle de Déza dans à Castilla

le passé, Colomb ajoute ce qu'il en attend: ‘e ‘ le 8

, À ‘ : ] io de tan « Maintenant il faut le supplier de s’employer Lo à trouver un remède à tous mes malheurs. cumplir y

Qu'il fasse mettre à exécution le traité et les M esto hacen

lettres de faveurs que Leurs Aliesses m'ont gs concédées, afin de réparer les nombreux dom- ® FA

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ET LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE 159 mages que j’ai subis. Qu'il soit sûr que si Leurs

Altesses s’en. acquittent, elles, trouveront un

profit incroyable en fortune et en gloire » (1). Colomb, retenu à Séville par la fatigue et

| des accès de goutte, annonce son prochain

départ pour la cour, mais il craint que la maladie ne l'arrête en chemin. La maladie en effet et les rigueurs de l’hiver ne permirent qu’au printemps l'exécution de son voyage.

Parmi les recommandations que l'Amiral fait à son fils, notons celle de s'employer à faire toucher leur solde aux matelots qui l’avaient accompagné dans son dernier voyage el étaient réduits à la plus profonde misère. Il recommande aussi cette affaire à l’évêque de Palencia (2).

Dans sa lettre du 1% décembre Colomb félicite Diégo d’être demeuré à la cour dans l'in-

(1) « El Sr. Obispo de Palencia,siempre desque ya vine à Castilla me ha favorecido y deseado mi honra. Agora es de le suplicar que les plega de entender en el remedio de tantos agravios mios ; y que el asiento y cartas de merced que Sus Allezas me hicieron, que las manden cumplir y satisfacer tantos daños : y sea cierto que si esto hacen Sus Altezas que les multiplicarä la hacienda y grandeza in increible grado » (Navarrete, Colecciôn, t. II, p. 334).

(2) Post-scripturm à la même lettre,

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térêt de ses affaires. Il l'engage à faire prendre une copie des articles qui reconnaissent ses droits dans les privilèges royaux, afin qu'il puisse agir en son propre nom en l'absence de son père. Îl l’exhorte à travailler pour obtenir le payement des rentes qui lui sont dues sur les exportations des Indes, et il ajoute: «Il faut faire part de cela à l'évêque de Palencia, ainsi que de la grande confiance que j'ai en lui » (1).

On traitait alors pour la première fois la question de l'établissement de quelques évéchés dans ies [ndes, et Déza était chargé de négocier cette affaire. Colomb exprime le vœu d'être entendu avant que la question soit réglée. « On dit ici que l’on s'occupe d'envoyer trois ou quatre évêques aux Indes, et que le seigneur évêque de Palencia a reçu cette commission. Après m'avoir recommandé à sa bonté, dis-lui que je crois que ce serait servir Leurs Altesses si je pouvais m'entendre avec lui avant de rien conclure » (2).

(1) « Al Sr. Obispo de Palencia es de dar parte desto con de la tanta confianza que en su mereel tengo (Navarrete, Colec., I., p. 339).

(2)« Acä se diz que se ordena de enviar 6 facer tres 6 quatro Obispos de las Indias, y que al Sr. Obispo de

Co cour jeune l’aide effet, un mé ses re

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Palenci:

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Altezas (Navarr

Colomb, pagna 84 1505 ». I

jours de

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mano y dias que Sr. Adel seis dia veintitre

Colomb annonce aussi le départ pour la cour de son frère Barthélemy et de son plus jeune fils Fernand. Ils vont rejoindre Diégo et l'aider dans ses négociations. Ils partirent, en effet, le 5 décembre, emportant 150 ducats et un mémorial où l’Amiral avait relaté l’objet de ses revendications (1).

Sur ces entrefaites, la reine Isabelle était morte le 27 novembre, à Medina del Campo.

C'était elle qui, des souverains de Castille, avait témoigné d’un véritable intérêt et d'une grande bonté pour Christophe Colomb. Elle lui manquait au moment où sa protection lui était plus nécessaire que jamais pour résou-

Palencia està remitido esto. Despues de me encomendado en su merced dile que creo que serä servicio de Sus Altezas que yo fable con el primero que concluya esto » (Navarrete, Colec., I, p. 340).

(1) I1 ne faut donc pas dire avec M. Harrisse (Fernand Colomb, p. 6), à la suite d’Irwing, que « Férnand accompagna son oncle Barthélemy à la cour au printemps de 1505 ». Ils arrivèrent à la fin de 1504 ou les premiers jours de 1505. La date du départ est fixée par les lettres de Colomb écrites en décembre à son fils Diégo. « Tu hermano y tu tio van allä (lettre du 3 déc.). Hoy son ocho dias que partié de aqui tu tio y tu hermano (13 déc.). El Sr. Adelantado y tu hermanc partieron hoy son diez y seis dias (21 déc.) (Fernando) partiépara alla, hoy son veintitres dias (29 déc.) ».

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