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aux Rois avant la dièle de Santa Fé; mais rien n’autorise à lui attribuer un rôle effectif dans le succès de l’entreprise, d'autant mieux que les paroles restrictives de Colomb s'y opposent formellement.
Quant à Juan Cabrero, rien n'est plus curieux que l’histoire d’ailleurs -très simple de ses titres. Reconnaissons d'abord que s’il a été rangé parmi les protecteurs de Colomb au temps de la découverte, c'est sans qu'il y eût ni mérite ni faute de sa part. Colomb avait connu Cabrero dans ses relations avec la cour, et il est manifeste que, pendant les dernières années de la vie de l’Amiral, le camérier fut un de ses bons amis dans l’entourage des Rois. Dans les négociations que Colomb entreprit à la cour après son quatrième voyage, il dut servir les intérêts de l'Amiral, qui recommande à plusieurs reprises à son fils Diégo de s'appuyer sur lui. C’est la lettre de Colomb du 21 décembre 1504 qui a créé une équivoque.
Nous y lisons en effet: « Il faut s’efforcer de savoir ei la Reine, qui est maintenant devant Dieu, a fait mention de moi dans son testament. Il faut presser le seigneur évêque de Palencia, celui qui fut cause que Leurs Altesses possédassent les Indes et que je sois demeuré
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(1) « dej di priesa Altezas tilla, qu Sr. Ca: 346).
(2) L’ que ce dar pr:
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ET LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE 181 en Castille, alors que j'étais déjà en route pour l'étranger ; et aussi le seigneur camérier de son Altesse » (1).
C'est cetic dernière phrase, quelque peu elliptique, qui forme le titre de Cabrero. Le sens du texte original est très clair et ne comporte pas de discussion. Ii signifie : il faut presser l’évêque de Palencia et aussi le camérier (2). Quant à la parenthèse ouverte relativement à Déza, Cabrero y est entièrement étranger.Mais on à voulu y voir, en faisant un gros-
(1) « Es de trabajar de saber si la Reina, que Dios tiene, dejé dicho algo en su testamento de mi, y es de dar priesa al Sr. Obispo de Palencia, el que fué causa que Sus Altezas hobiésen las Indias, y que yo quedase en Castilla, que ya estaba yo de camino para fue:a : y ansial Sr. Camarero de Su Alteza » (Navarrete, Colecciôn, I, 346).
(2) L'expression al Sr. Camarero montre clairement que ce dernier membre de la phrase est le régime de dar priesa. Pour obtenir le sens erroné qu’on donne à ce passage, il faudrait: y ansi el Sr. Camarero. Dans une autre lettre de Colomb (1er déc. 1504), les deux mêmes noms sont rapprochés ; une parenthèse est ouverte après celui de Déza, pour exprimer la confiance que Colomb met en lui; puis suit celui de Cabrero, dans la même condition que précédemment : À! señor Obispo de Palencia es de dar parte desto con de la tanta confianza que en su merced tengo, y ansi al Sr. Camarero (Navarrete, Colec., 1, p. 339).
sier contresens, que Cabrero était associé à l'évêque de Palencia dans ses droits de protecteur de Colomb au moment de l’entreprise de la découverte. ;
C’est le neveu de Cabrero qui, consciemment ou non, semble avoir été le promoteur de cette fausse interprétation. Dans un méimoire du 21 mars 1517, Martin Cabrero dit de son oncle « qu'il fut la cause principale que l’on entreprit l'expédition des Indes, que sans lui on n'aurait pas eu les Indes, ou que tout au moins la Castille ne les aurait pas possédées » (1). C’est identiquement les deux points de la lettre de Colomb disant de Déza qu'il a élé cause de la découverte des Indes et qu'il a empêché Colomb de porter ses projets à l'étranger.
Las Casas, qui n’y met pas de malice quand il s'agit de critique historique, s'est trouvé en présence de l’affirmation de Martin Cabrero, dont il connaissait sans doute le mémoire, et il a interprété à la manière de ce dernier la lettre de Colomb, qu'il connaissait aussi, en enre-
(1) « Que fué causa principal de que se emprendiese la empresa de las Indias y se conquistasen, y si por él no fuera, no hobiera Indias, à los menos para provecho de Castilla » (Harrisse, Christ. Colomb, I, p. 376, note 4).
même brero Api de Dé pas et mie :
beauc suffire va le Santa:
arago!