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(2) «] bastaro:
fué un | lero ara
ET LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE 183 gistrant bénévolement le nom de Cabrero après celui de Diégo de Déza (1), ce qui a contribué à confirmer cette usurpation de titres. Mais Juan Cabrero, qui a dû servir Colomb pendant les dernières années de sa vie, n’a aucun droit à un patronage réel avant la découverte. Cela résulte clairement de l’origine suspecte de ses titres et de l'exclusion donnée en cette affaire par Colomb lui-même,
| qui affirme que deux religieux seuls l'ont
constamment favorisé. Nous ne croyons pas même qu'il soit positivement établi que Cabrero fàt à la cour avant 1492.
Après avoir accolé le nom de Cabrero à celui de Déza, le bon évêque de Chiapa ne s'arrête pas en si bon chemin ; il ajoute avec bonhomie : « Ces deux personnages durent aider beaucoup en cette affaire ; et cependant ils ne
| suffirént pas, parce qu'un autre, comme on
va le voir, fit plus encore : ce fut Louis de Santangel, comptable de la cour et chevalier aragonais > (2).
(4) Hist. de las Indias, t. I, 228, 41, 188.
(2) « Debian cierto de ayudar en ello mucho, aunque no bastaron, porque otro, à lo que parecera, hizé mas, y este fuë un Luis de Santangel, escribano de raciones, caballero aragonés. etc « (ist. de las Indias, I, p. 228).
D'où Las Casas tient-il ce renseignement ?
Des Pseudo-Histoires de Fernand Colomb, dont il reproduit le récit fantaisiste.
C’est au chapitre x que les Histoires mettent en scène Louis de Santangel. Ce chapitre porte en titre : Come i Re Catolici mandarono dietro all'Ammiraglio, et gli concessero quel, che gli dimandava. C'est là que nous voyons jouer par Louis de Santangel le rôle qui, d’après les paroles mêmes de Colomb, appartient à Diégo de Déza, L'auteur des Histoires, d’après sa méthode, développe et dramatise le sujet qu’il traite ; mais on chercherait vainement dans le récit des événements qui préparent l'acceptation des Rois le nom de Déza ou de tout autre protecteur. C'est Louis de San-
tangel qui a tout fait.
=. Nous ne nous arrêterions pas longtemps à la difficulté fort secondaire que peut apporter aux droits historiques de Déza l'affirmation d’un ouvrage écrit un demi-siècle après les événements de la découverte et qui fourmille d'erreurs, voire même de mensonges, si le crédit des Hisioires n’avait été très grand jusqu'à ces derniers temps, et si nous ne trouvions l'occasion, sans sortir de notre sujet, d’ajouter un nouvel argument à ceux déjà nombreux et
pére phes C’ d’av et, d le 8e tive imp.
Colo M.
dont ame vant expr surlo les À gran poinl avait l'exi:
aura publ
(1) (2) critic vres.
ET LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE 185 péremptoires qui rejettent parmi les apocryphes le factum attribué à Fernand Colomb.
C'est à M. Harrisse que revient le mérite d’avoir relégué à sa place le livre des Histoires ; et, dans Fœuvre sanitaire à laquelle s’est livré le savant américaniste, celte part, toute négative qu'elle paraît, ne sera pas la moins importante pour l'histoire authentique de Colomb et de la découverte. « Frappé, écrit M. Harrisse, des contradictions et des erreurs dont les Hislorie fourmillent, nous fûmes amené à douter de l'authenticité de ce livre si vanté » (1). Ces doutes furent successivement exprimés dans deux écrits (2). Dans le dernier surtout, M. Harrisse établit avec évidence que les Histoires doivent être consultées avec une grande circonspeclion et qu’en beaucoup de points leur témoignage est erroné. M. Harrisse avait même cru pouvoir révoquer en doute l'existence de l'original espagnol sur lequel aurait été faite la traduction italienne d’Ulloa, publiée à Venise en 1571, et que seule nous
(1) Christophe Colomb, 1, p. 108.
(2) D. Fernando Colon historiador de su padre. Ensayo critico. Sevilla, 1871. — Fernand Colomb, sa vie, ses œuvres. Paris, 1872.
possédons (1). Le savant critique faisait cependant ses réserves sur ce dernier point, à cause des résultats qui pourraient sortir d’un examen attentif de l'Histoire des Indes de Las Casas encore inédite. Ce résultat ne se fit pas longtemps attendre. Don À. M. Fabié, qui avait été chargé de préparer une introduction pour la publication de l'Histoire de Las Casas, finit par composer une vie du célèbre missionnaire (2). Il mit en évidence dans cet ouvrage l'existence d’un texte espagnol des Histoires, en se basant sur Las Casas, qui le cite fréquemment et l’a sous les yeux (3). M. Harrisse a reconnu le fait et l’a largement étudié dans le chapitre spécial qu’il consacre à ce sujet sous le titre de Historie, dans son Christophe Colomb. « Nous reconnaissons en conséquence, dit-il, qu'avant 1561, voire même avant 1559, il y avait une Histoire relatant les
(1) Historie del Fernando Colombo, nelle quali s'ha particolare e vera relatione della vita e de fatti dellammiraglio D. Christoforo Coiombo, suo padre, e dello scoprimento ch'egli fece dell Indie occidentali, etc... nuevamente di lingua spagnuola tradotte nell'italiana dal sig. Alfonso Ulloa. Venetia, 1571.
(2) Vida y Escritos de Fray Bartolomé de Las Casas. Madrid, 1879, 2 vol.
(3) Zbid., t. I, p. 360-372.
princi Colom époqu les Hi essent
Tou tot qu avant gue d
| en effe
même M. Ha ouvra Ferna suit q placée Annale et avai mains Nou ments grand L'aute critiqi
| principaux faits de la vie de Christophe
Colomb; que cette Histoire était, dès cette époque, attribuée à Fernand, son fils, et que les Historie la reproduisent dans ses parties essentielles » (1).
Toutefois les Histoires ont été composées plus tt que ne le pense M. Harrisse, non seulement avant 1561, mais bien avant 1559. Le prologue de l’Histoire des Indes de Las Casas est,
eu effet, de 1552, comme l'auteur le dit lui-
même (2), et non de 1559, comme le croit M. Harrisse. Or c’est dans les débuts de son ouvrage que Las Casas se sert des Histoires de Fernand : il les connaît donc dès 1552. IL s’ensuit que la composition des Histoires doit être placée après 1537, puisqu'elles discutent les Annales de Giustiniani, imprimées à celie date et avant 1552, où Las Casas les a entre les mains.
Nous n'avons pas à signaler ici les arguments par lesquels M. Harrisse a détruit en grande partie l'autorité usurpée des Historie. L'auteur reconnait que, même après la forte critique qu'il a fait subir à cet ouvrage, il res-
(1) Christophe Çolomb, I, p. 115.
.Q@) ist. de las Indias, I, p. 29.
lera encore quelque chose à dire. « Pour que l'enquête fût complète, il faudrait prendre les Hislorie page par page, et en faire ressortir tous les anachronismes et les contradictions. Malheureusement, nous ne pouvons en ce moment entreprendre un travail aussi complexe » (1). Ce que nous voulons, de notre côté, c'est apporter une nouvelle contribution à cette enquête ; elle est d’ailleurs le corollaire naturel de cette étude.
Nous posons donc la question suivante : Ferpand aurait-il pu taire le nom de Déza, s’il était l'auteur des Histoires : À cela nous répondons? Non. | Fernand a dû connaître le rôle joué par Déza lors de lacceptation des projets de Colomb par la cour de Castille; en tout cas, il a connu indubitablement les services signalés rendus par Déza à l’Amiral pendant les dernières années de sa vie. Or, sur l’un et l’autre point, les Histoires sont d’un mutisme absolu, alors qu’elles auraient dû parler.
Nous avons vu plus haut que Fernand Colomb, en compagnie de son oncle Barthélemy, avait laissé son père à Séville, le 5 décem-
(1) Fernand Colomb, p. 68.
ne mai adress qui lui décem!
fils de forme
(4) «I natural, lettre di
(2) «I que bie:
dimient
bre 1404, pour se rendre à la cour, près de son frère aîné Diégo, et l'aider à régler les affaires de l'Amiral. Fernand était dans sa dix-septième année. Colomb, dans ses lettres, recommande à Diégo de bien tenir compte de lui: il a un bon naturel et n'a plus les goûts d’un enfant (1). Il lui rendra des services. Il est jeune, mais sa raison est déjà mûre (2). Fernand a donc connu parfaitement tout ce qui
s’est passé concernant son père pendant les
dernières années de sa vie. Colomb, en effet, vint rejoindre ses fils dès le mois de mai suivant, et ne se sépara plus d’eux jusqu’à sa mort.
Arrivé à la cour près de son frère, Fernand ne manqua pas de lire les lettres que son père adressait à son frère aîné. Une des premières qui lui passèrent sous les yeux, fut celle du 21 décembre, celle-là même où l'Amiral dit à son fils de presser Diégo de Déza pour qu'il s'informe si la Reine a fait mention de lui dans
(1) « De tu hermano haz mucha cuenta : eltiene buen natural, y ya deja las mocedades » (Navarrete, Colec., I, lettre du 1er déc. 1504). | Vide
(2) « Por mayor cumplimiento envio allà à tu hermano que bien que el sea niño en dias, no es ansi en el entendimiento » (Navarrete, I, Mémoire de Colomb pour Diégo).
son testament; que c’est Déza qui a été cause que Leurs Altesses possèdent les Indes, et que c'est lui qui l’a retenu en Castille quand déjà il partait pour aller à l'étranger. Cette révélation était assez grave pour que Fernand ne l'oubliât pas, au cas où il l'eût ignorée jus-
qu’alors. Quand l'amiral écrit quelques jours |
après, le 29 décembre, il joint à son envoi
une lettre pour Déza et recommande que son |
frère et ses deux fils en prennent connaissance (1). C'est Déza qui est en 1404 et 1405 l'intermédiaire constant entre le Roi et les fils de Colomb. Au mois de mai, l’'Amiral arrive lui-même à la cour. Toutes ses espérances,
comme nous l'avons vu, sont toujours placées |
sur Diégo de Déza. Comment Fernand auraitil ignoré la place tenue par ce personnage dans les négociations qui remplissaient à ce moment la vie de son père? Mais Déza, Fernand le connaissait depuis plusieurs années.
Nommé page d'Isabelle le 18 février 1498 (2), il avait été pendant quatre années conséculives au service de la Reine, en contact quoti-
(1) « Yole di unä carta para le Sr. Obispo de Palencia : vedla y veala tu tio y hermano y Carvajal » (Navarrele, Coleciôn, I, p. 348).
(2) Harrisse, Fernand Colomb, p. 5.
die bell n’a fecti vices Las veni dant ou p vère où il quat à tou celier de 18 le mo Or,n pas le mais perso rigue l’Ami fils, c qui r Colon été té ètre F
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encia :
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dien par conséquent avec le confesseur d’Isabelle, qui, lui aussi, était attaché à la cour et n'a pas laissé ignorer au fils de Colomb l’affection qu’il avait portée à son père et les services qu’il lui avait rendus. Nous savons par Las Casas que Déza aimait à rappeler ces souvenirs ; et il n’en aurait rien dit à Fernand pendant les années où ils furent ensemble à la cour, ou plus tard, quand l’un et l’autre se retrouvèrent à Séville? Quand, revenu des Indes, où il avait accompagné son père pendant son quatrième voyage, Fernand trouve Déza mêlé à tous les intérêts de son\père comme chancelier de Castille, comment, jeune homme âgé de 18 ans, réfléchi et précoce, comme on nous le montre, comment aurait-il ignoré tout cela ? Or, non seulement les Hisloires ne connaissent pas le rôle de Déza au moment de la découverte, mais elles lui substituent arbitrairement un personnage qui n’y a aucun titre. Que si, à la rigueur, on veut que celte part de la vie de l’Amiral ait échappé à la connaissance de son fils, comment peut-il en être de même en ce qui regarde les dernières années de la vie de: Colomb, remplie par les événements dont ont été témoins ses enfants ? Si quelque chose doit être présent à la mémoire de Fernand, ce sont
les derniers jours et les dernières actions de son père, alors qu’il était lui-même plus âgé. Or, dans les Histoires, cette période est la plus vague, la plus vide de toutes ; on peut dire qu’elle n°y existe pas.
L'auteur des Histoires semble donc avoir complètement ignoré des choses qui étaient manifestement connues de Fernand Colomb.
Mais nous devons encore pousser plus avant cette argumentation.
Diégo de Déza fut archevêque de Séville de 1505 à 1523. Dès 1511, Fernand est, lui aussi, établi dans. la même cité (1). Sa vie, il est vrai, pendant de nombreuses années, fut remplie de fréquents voyages; mais il est impossible qu'il n'ait pas été en relation à Séville avec l'archevêque, qu'il connaissait depuis longtemps, et qu'il n’ait appris au moins alors ce que Déza aimait à raconter, à savoir, que les Rois d’Espagne lui devaient les Indes.
D'ailleurs Fernand, écrivant après 1537, devait d'autant moins oublier les titres d’honneur de Déza, qu'il avait des liens d'affection avec les dominicains, sans parler des liens étroits de parenté qui attachaient son frère à
(1) Harrisse, ibid., p. 10.
plusi jouè des I O0 était d’Esr Tolèc duc d où n comn relle sin ge était che a que d liques était mour le 20 duc d que « Jean Corde et mo
(1) P mot Z (2) T
plusieurs d’entre eux, et dont quelques-uns jouèrent un rôle important dans les affaires des Indes et dans ses propres affaires.
On sait que le fils aîné de Colomb, Diégo, était entré dans une des plusillustres familles d’Espagne par son mariage avec Marie de Tolède, la fille de Garcia Alvarez, le premier duc d’Albe. Cette maison comptait, au temps où nous sommes, plusieurs de ses membres comme religieux dominicains : elle devait naturellement être affectionnée à l'ordre. Le cousin germain de Marie de Tolède, Jean Alvarez, était dominicain ; il appartenait à la branche aînée des ducs d’Albe par son père Fadrique de Tolède, cousin germain des Rois Catholiques. Le frère aîné du P. Jean Alvarez était Garcia, général des côtes d'Afrique, qui mourut dans l’expédilion contre les Maures, le 20 août 1510, et dont le fils fut le célèbre duc d’Albe (1). Entré dans l’ordre à Salamanque dès les premières années du xvi siècle, Jean Alvarez devint successivement évêque de Cordoue et de Burgos, fut fait cardinal en 1538, et mourut le 15 septembre 4557 (2). Le frère
(1) Pour cette généalogie, voy. Moreri, Dictionnaire, au mot Tolède. | (2) Touron, ist. des hommes illustres, t. IV, 168-182.
même de Marie de Tolède, Antoine, était dominicain. Enfin, Garcia de Loaisa, qui devait être mêlé aux affaires des Colomb, était proche parent de Marie de Tolède. Quelques auteurs l'ont fait à tort le frère du P. Jean Alvarez; mais les maisons de Loaisa et de Tolède étaient alliées. Plusieurs frères de Garcia étaient aussi dominicains. Son frère aîné, Dominique de Mendoza, est surtout connu comme missionnaire. Garcia devint lui-même général de l'ordre (1518-1524), lors de l'élévation de Thomas de Vio Cajétan au cardinalat. Évêque d'Osma et confesseur de Charles Quint, cardinal en 1530, il est enfin évêque de Sigüenza, archevêque de Séville et présidert du conseil des Indes (1). C’est dans ce dernier office qu'il eut à intervenir dans le procès de succession intenté par Diégo Colomb pour rentrer dans les droits reconnus à son père par la couronne d’'Espagne. À la mort de Diégo, ce fut sa veuve Marie de Tolède qui fit valoir les droits de son fils mineur Louis. Le procès se Lermina en 1536 par un compromis dans lequel le cardinal Loaisa et Fernand Colomb auraient été les
(1) Touron, ibid., p. 410-420.
arbi prés tenc Colo Inde que, ‘) blab asse d’aul serai on le élém el po arge préce pour thèqt (1) ( Cité p (2) & (Garci cia de cal de dellas al dic su jur 908, Z Harri:
arbitres (1). En tout cas, Loaisa donna, comme président des Indes, le 28 juin 1536, une sentence arbitrale en vertu de laquelle Louis Colomb renonçait à ses droits de vice-roi des Indes et recevait en échange l’île de la Jamaïque, avec le titre de duc ou de marquis (2).
On comprend sans peine que dans de semblables conditions Fernand Colomb fût lié assez étroitement avec les dominicains. Faute d’autres indications, son testament nous en serait une nouvelle preuve. Fernand, comme on le sait, avait passé sa vie à recueillir les éléments d’une bibliothèque demeurée célèbre et pour laquelle il n’avait épargné ni soins ni argent. Érudit, savant, écrivain lui-même, les précautions qu'il prend dans son testament pour conserver, doter et développer sa bibliothèque, témoignent l'attachement qu'il portait
(1) Charlevoix, Hist. de Saint Domingue, liv. VI, 476. Cité par Harrisse, Fernand Colomb, p. 25.
(2) « En 28 de Junio de 1536 años, el Cardenalde Sigüenza (Garcia de Loaisa, évêque de Sigüenza) did una sentencia de compromiso, en el pleyto que se trat6 entre el Fiscal de S. M. en el Consejo de Indias con el Almirante dellas y sus herederos, por la qual S. M. haya merced al dicho Almirante don Luis de la Isla de Iamayca con su jurisdiccion y con titulo de Duque 6 de Marquês » (N° 208. Dossier imprimé, Paris, Bibl. nat., O. 296. Cité par Harrisse, Fernand Colomb, p. 34, note 2).
ANDERNOS 2 DO LOU A a CC ra PP re LR SE NES
à cette précieuse collection. Ayant constitué don Louis, le fils de son frère, son héritier, et prévoyant que celui-ci, encore un jeune homme, pourrait bien ne pas partager sa passion pour des livres auxquels étaient annexées d’ailleurs des charges assez lourdes, constitua, en cas de refus de la succession, deux autres héritiers : le chapitre de la cathédrale de Séville, et, à son défaut, le couvent des dominicains de Saint Paul (1).
Le fait d’avoir placé les dominicains parmi les héritiers présumés de l'œuvre la plus chère de sa vie témoigne de l'intimité dans Jaquelle Fernand Colomb se trouvait avec ces religieux. 1l ne pouvait donc pas ignorer ce qui concernait Déza, l'archevêque de sa propre ville, relativement à son père, puisque cela était de notoriété publique, comme nous le dit Las Casas. Oublier un tel bienfaiteur, alors que tout l'obligeait à en parler, trouve difficilement une explication salisfaisante.
L’attachement qui liait les Colomb aux
(1) « E si no acetare [La fabrica de la Yglesia Mayor desta ciudad}, al monesterio de S. Pablo de esta ciudad, el cual dicho monesterio y cada uno de los arriba qui acetare mi herencia haga se cumpla lo que dexo ordenado de mi libreria ». (Harrisse, Fernand Colomb, p. 216.)
Lou ritie plus droit scell dern ter d Paul porte qu'e la pe biblic pour rait ( positi amen sence Mais politi faire
(1) H lacion
tué ler, une )aScées Ua, tres SÉini-
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dominicains se manifesta une fois encore après la mort de Fernand (1539), dans la question même du legs de la fameuse bibliothèque. Don Louis, semble-t-il, ne fit pas acte positif d’héritier sur ce point, bien qu’il n'y eût pas non plus de sa part une renonciation expresse. Ses droits paraissaient donc plutôt persister. De 1539 à 1544, la bibliothèque demeura sous les scellés, dans la maison de Fernand. A cette dernière date, Marie de Tolède la fit transporter dans le couvent des dominicains de Saint Paul, à condition que l'on placerait sur la porte de la salle que la collection n'y était qu'en dépôt. (1). Il n’est pas douteux que, dans la pensée de la belle-sœur de Fernand, la bibliothèque s’acheminait vers les dominicains pour leur rester, le jour où Louis se désisterait en leur faveur. A défaut d’une cession positive, le chapitre, de son côté, aurait pu être amené à une renonciation de ses droits, en présence de cette sorte de prise de possession.
Mais il n’en fut rien. Le chapitre comprit la politique de Marie de Tolède, et chercha à faire valoir ses droits. Pendant huit ans, jus-
(1) Harrisse, Ensayo, append. Diligencia sobre la traslacion àe la liberia del Sr. Fernando Colon.
qu'en 1552, la. bibliothèque demeura sous la garde des moines de San Pablo. En 1551, les droits du chapitre furent reconnus, et on lui permit de recevoir la bibliothèque (1). L’année d’après, les dominicains durent intenter un procès au chapitre, qui mettait, méchamment peut-être, trop de lenteur à retirer les livres, et il était condamné à les enlever dans l’espace de six jours. Un inventaire minutieux devait être fait, en confrontant un à un tous les livres avec les catalogues (2).
M. Harrisse pense que c’est par les dominicains de Séville que Las Casas entra en possession de la carte de Toscanelli dont Colomb s'était servi dans ses voyages. Mais cela ne nous paraît aucunement probable. L’auteur de Fernand Colomb reconnaît lui-même que « l'on est obligé d'admettre que le chapitre reçut des moines de Saint Paul la bibliothèque Colombine, aussi complète qu’elle se trouvait le jour de la mort de Fernand » (3). Il n’est donc
(1) « Colecciôn de documentos ineditos, etc., t. XVI, p. 482,483; Harrisse, Fernand Colomb, p. 41.
(2) Harrisse, Ensayo, p. 106, Requerimiento hebo al Cabildo.
(3) Fernand Colomb, p. 48. « Les religieux dominicains, titulaires et occupants de ce monastère, durent offrir toutes les facilités à un évêque de leur ordre, qui venait
origi ves I dans titres
justen somm obtint (Chris (1) ] (2) 1
ns, Yrir ait
pas vraisemblable que les dominicains aient pu disposer d’une pièce aussi importante. Que Las Casas ait consulté la bibliothèque pendant qu’elle était en dépôt au couvent, soit en 1544, l’année même où la bibliothèque entra à Saint Paul et Las Casas fut sacré évêque dans la chapelle du couvent ; ou en 1552, quand il publia à Séville de nombreux opuscules, la chose peut être regardée comme certaine. Las Casas indique en effet positivement certains ouvrages de la bibliothèque de Fernand, et l’on sait que depuis 1527 le célèbre missionnaire s'occupait à recueillir les matériaux de son Histoire des Indes.
Nous croyons que la carte de Toscanelli, comme les lettres de Christophe Colomb, de Barthélemy Colomb, que Las Casas a copiées ou possédées en propre, ont une tout autre origine. Ce n’est pas non plus dans les archives royales de Simancas, créées en 1543 (1), ni dans le dépôt de Las Cuevas, où étaient les titres des Colomb (2), que Las Casas a trouvé
justement d’être sacré dans leur chapelle même. Nous sommes aussi disposé à croire que c’est par eux qu’il obtint possession de la fameuse carte de Toscanelli » (Christophe Colomb, I, p. 129).
(1) Harrisse, Christ. Colomb, 1, 125.
(2) Harrisse, tbid., I, p. 124.
les documents les plus intéressants sur l’Amiral et l'affaire de la découverte. Les archives de Simancas et de Las Cuevas contenaient des documents juridiques, mais non des pièces historiques ; ce qui eût été inutile. En revanche, les documents en question devaient être conservés comme de pieux souvenirs dans la famille de l’Amiral. Ils appartenaient à Diégo, son héritier, et à sa veuve, quand il fut mort, son fils Louis étant encore fort jeune. C’est par Marie de Tolède que les documents seront passés, soit directement, soit indirectement, entre les mains de Las Casas. L’affection de la veuve de Diégo pour l’ordre nous est connue ; et de même qu'elle voulait que la bibliothèque de son beau-frère revint aux dominicains, elle n'aura pas hésité à remettre entre les mains de l’évêque de Chiapa la carte de Toscanelli et autres pièces intéressantes. Peut-être Garcia de Loaisa, le président du conseil des Indes et confrère de Las Casas, lui aura-t-il servi d'intermédiaire ; peut-être est-ce encore le même Garcia qui lui aura communiqué les lettres de Colomb aux Rois Catholiques, à moins, ce qui n’est pas improbable, que ce soit par un des confesseurs dominicains de Charles Quint. Mais, encore une fois, nous ne pensons
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quelle tituan nous Il es peu avoir M. H:
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Amilives des hische, cony la go, ort, par pasatre uve : de de elle ins elli ardes
pas que les documents purement historiques consultés ou possédés par Las Casas aient jamais été dans un des dépôts où les Rois et les Colomb conservaient leurs titres et autres instruments juridiques.
Ainsi donc, et pour revenir aux Histoires, ce que nous savons positivement de Fernand Colomb ne permet pas de croire qu'il eût gardé le silence sur Diégo de Déza, au cas où il serait lui-même l'auteur de cet ouvrage.
Quant à savoir à quelle préoccupation ou à quelle influence les Histoires ont obéi en substituant Louis de Santangel à Diégo de Déza, nous n’en voyons de plausible que la suivante. li est manifeste pour quiconque a quelque peu observé les Histoires, surtoul après avoir pris connaissance des critiques de M. Harrisse, que l’auteur supplée facilement à ce qu’il ne connaît pas d’une façon positive. Il a une tendance évidente à amplifier et compléter ; et rous sommes même persuadé que diverses données, très particulières et fort précises en apparence, telles qu’on les pourrait croire résulter de documents spéciaux possédés par l’auteur, n’ont cependant pas d'autre origine que cette facilité à l'induction et à la supputation. L'auteur n’aura pas ignoré,
sans doute, qu’une intervention particulière s'était exercée auprès d'Isabelle en faveur de Colomb après la diète de Grenade, puisque nous savons par Marlin Cabrero et Las Casas que ce fait était, sinon de notoriété publique, du moins connu dans certains milieux. L’auteur des Histoires, ignorant peut-être le nom du personnage, et voyant la relation du premier voyage de Colomb adressée à Louis de Santangel, le 15 février 1493, en aura inféré que Santangel devait être ce protecteur, alors que l'envoi de Colomb était simplement motivé par loffice du trésorier de qui relevait son entreprise. Si l'escribano de raciones des Rois, ou sorte de grand comptable, avait pris la part indiquée par les Histoires, ne verrionsnous pas une allusion ou un remerciement dans la première leitre que Colomb adresse, après la réussite de son projet, à l’homme qui aurait été la cause principale de ce succès ? Douze ans après la découverte, et dans de simples billets, Colomb saura rappeler ces choses et multiplier les formules de reconnaissance envers Déza ; et il n’y aurait pas un mot de gratitude pour ce Santangel auquel les Histoires transportent le rôle de Déza? Cela ne se conçoit pas. Bien plus, quelques années
Histoir tains « infirm en br orand nous
après, Colomb écrira aux Rois, qui n'ignoraient pas quelle influence s'était exercée auprès d'eux, que tout le monde s’est opposé à ses projets, sauf deux moines qui l'ont constamment favorisé ; que de ces deux moines, Diégo de Déza est cause que les Rois Catholiques possèdent les Indes, puisque c’est lui qui l’a retenu en Castille alors qu’il était en route pour l’étranger ; et il ne sera pas clair comme le jour que Louis de Santangel n’a aucun titre à empiéter sur les droits de Déza? En vérité, entre les affirmations si absolues de Christophe Colomb et celles d’un ouvrage suspect, écrit un demi-siècle après l'événement, l’hésitalion n’est pas possible. Non seulement le récit des Histoires ne peut pas infirmer les droits certains de Déza, mais les droits positifs de Déza infirment l’authenticité des Histoires, battues en brèche d’ailleurs par la critique sur un grand nombre d’autres points. C’est ce que nous voulions démontrer.