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LES DOMINICAINS ET L'ÉTUDE DES LANGUES

Cf. Mandonnet. Dict. biblique, au mot : Dominicains (col. 1471, 1477 et 1482).

Douai. Essai sur rorganisation des études dans l'Ordre des Frères-Prêcheurs. Paris 1884.

Berthier. Revue thomiste. 1893, page 270.

L'Ordre organisa de bonne heure tout Un système d'enseignement des langues orientales, poursuivant un double but : la prédication et l'étude des Livres Saints.

— En 1236, la province de Terre Sainte avait déjà organisé, dans chacun de ses couvents, un studium linguarum^ pour les langues orientales, spécialement pour l'arabe. On y apprenait également l'arménien et le chaldéen.

— La province de Grèce a fourni les principaux hellénistes de l'Ordre, parmi lesquels Guillaume de Moerhecke, dont saint Thomas utilisa les traductions d'Aristote.

En Espagne, le voisinage des Sarrasins et des Juifs fait spécialement cultiver l'arabe et l'hébreu. Saint Raymond de Pennafort mit en honneur l'étude de ces deux langues dans son couvent de Barcelone, où l'ordre établit un studium hehraïcum, en même temps qu'à Valence un studium aràbicum.

En 1259, au célèbre chapitre de Valencienncs, saint Thomas, avec le concours de trois autres maîtres, rédigeait le premier règlement d'études de l'Ordre; des frères devaient être envoyés aux studia linguarum d'Espagne. De célèbres linguistes en sortirent :

Le premier fut Raymond Martin, dont le « Pugio Fidei » inaugure l'orientalisme biblique.

Alphonse Bonhomme ( + 1330) traduit de l'arabe des écrits juifs relatifs au Messie; ces traductions furent très répandues au XIV^ siècle.

Richard et Henri d' Allemagne, auteurs du « de interpretationibus hehraïcorum vocdbulorum Bihliœ » (fin du XlIIe siècle), ont vraisemblablement passé par le studium hebraïcum d'Espagne.

Riccoldo de Monte Croce inaugure l'ethnologie biblique dans son « Itinerarium ». Dans le cours do ses missions en Orient (première moitié du XI V^ siècle), il étudie avec un égal succès le Coran et la Bible, dont il compare les textes latin, grec, hébreu et chaldéen.

Au XV^ siècle, on peut signaler les services rendas à l'étude des langues orientales par Jean de Raguse, qui rapporte de sa mission à Constantiuople (1435- 1437), do riches manuscrits grecs.

En 1477, Pierre Schwarz, de Wurtzbourg, élève dos studia d'Espagne, publie contre les Juifs un ouvrage

qui contient en appendice le premier rudiment de grammaire hébraïque imprimé.

Le premier cours officiel de langue hébraïque de l'Université de Paris fut donné par le dominicain Augustin Giustiniani (+1536).

Santé Fagnino publie en 1529 le « Thésaurus linguœ sanctœ », ouvrage monumental qui a joui d'mn grand succès, et fut vulgarisé sous forme d'Epitome. Le même auteur publia divers autres ouvrages sur les langues hébraïque et grecque.

De la même époque, il y aurait encore plusieurs auteurs à citer; contentons-nous du nom de Michel Vansleh, luthérien converti, qui, devenu dominicain, sut faire apprécier son talent par Colbert, qui le chargea d'une mission scientifique en Orient (1671-1676). Il en rapporta plus de 450 manuscrits.

Les ouvrages de Michel Lequien ( + 1720), de Henri délia Porta, et de Benoît OUvieri montrent qu'au XVIIIe siècle l'étude des langues était encore en honneur dans l'Ordre.

Il suffit de mentionner pour l'époque contemporaine, les travaux des dominicains de Jérusalem et de Mossoul, et surtout ceux du P. Scheil.

Le nouveau règlement d'études, en vigueur depuis 1907, fait à l'étude des langues une part très large.

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