CHAPITRE V
des preuves!
Les Sagas ou Chroniques des moines islandais. — Les monuments
historiques.
Les récits qu'on vient de lire et ceux qui suivront n'appartiennent pas au domaine du roman. Ils sont tirés des Sagas, ou Chroniques des moines islandais, dont la rédaction, s'appuyant sur des documents authentiques, remonte à Tannée
Chaque pays occupé par les Scandinaves a ses Sagas particulières, dont Texactitude est confirmée par les découvertes archéologiques faites journellement en Danemark, en Norvège, en Islande, au Groenland — et en Amérique.
« Leurs auteurs, les vieux Islandais, dit M. Gabriel Gravier, n'avançaient rien au hasard, ne suppléaientpas d'imagination à Tabsence de documents certains. Leurs Sagas sont simples, claires,
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précises, purgées de ce merveilleux qui produit
si souvent des doutes sur l'intelligence et la sincérité des chroniqueurs monastiques
On peut donc aussi bien ajouter foi à ce que ces religieux content du Vinland qu'à ce qu'ils ont écrit, de leur observatoire d'Islande, sur l'histoire de la Norvège, du Danemark, et de tous autres lieux fréquentés par les Scandinaves.
— Mais, dira-t-on, qu'est-ce qui prouve que le Vinland soit en Amérique?
Sa situation d'abord, par rapport au Groenland ; puis, la parfaite conformité des pays parcourus et colonisés par les Normands avec ceux que nous connaissons dans l'Amérique du Nord, tant au point de vue de leur conformation géographique que de l'étude de leur sol, de leur flore et de leur faune.
Prenons une carte moderne, nous allons y suivre de point en point Leif Erikson dans son voyage de découverte. Au sud du Groenland nous rencontrons l'île de Terre-Neuve, le « royaume des cailloux », l'Helluland, qui est encore, du moins sur ses rives, couvert de bancs de roches, où les arbres et le gazon ne peuvent croître. Au sudouest de ce chaos se place notre Acadie, devenue