INTRODUCTION
Dans le préambule de l’édit du roi Louis XV rendu à Versailles au mois d'août 1749, on peut lire les phrases suivantes :
« Le désir, que nous avons de profiter du retour de « la paix pour maintenir de plus en plus le bon ordre « dans l’intérieur de notre Royaume, nous fait regarder «comme un des principaux objets de notre attention « les inconvénients de la multiplication des établisse- « ments des gens de mainmorte et de la facilité qu'ils « trouvent à acquérir des fonds naturellement destinés «à la subsistance et à la conservation des familles. « Elles ont souvent le déplaisir de s’en voir privées, « soit par la disposition que les hommes ont à former « des établissements nouveaux qui leur soient propres «et fassent passer leur nom à la postérité avec le « titre de Fondateur, soit par une trop grande affection « pour des établissements déjà autorisés, dont plu- «sieurs testateurs préfèrent l'intérêt à celui de leurs « héritiers légitimes.
« Le meilleur usage que nous puissions faire de « notre autorité dans une matière si importante, est «de concilier, autant qu'il est possible, l'intérêt des « familles avec la faveur des établissements véritable- « ment utiles au Public. C’est ce que nous nous pro- « posons de faire, soit en nous réservant d’autoriser «ceux qui pourraient être fondés sur des motifs « suffisants de religion et de charité, soit en laissant «aux gens de mainmorte déjà établis la faculté de «nous exposer les raisons qui peuvent nous porter à « leur permettre d’acquérir quelques fonds... »
J. Cénac 1