Les Doronicum Scorpioides Willd. Et Linum Austriacum L. Existent-Ils En Algérie?
M. Chabert a publié dans le Bulletin de la Société (XXXVI, 15, 317; XXXVIII, 381) plusieurs listes d’espèces ou de variétés nouvelles pour la flore de l’Algérie. Quelques-unes de ces espèces ont été l’objet d’une Note de M. Battandier, communiquée à la Société le 25 mars 1892, et, dans la séance du 11 novembre dernier, notre honorable Secrétaire général a donné lecture d’une quatrième Note de M. Chabert en réponse aux observations présentées par M. Battandier. En présence des assertions contradictoires formulées au sujet de quelques espèces, je me suis demandé si l’herbier Cosson qui renferme, chacun le sait, des matériaux nombreux réunis pendant près de quarante ans, ne pourrait pas, en fournissant au débat des éléments nouveaux, contribuer à éclaircir les quelques points sur lesquels MM. Chabert et Battandier ne sont pas d’accord; le désir témoigné par notre confrère d’Algérie, dans sa lettre à M. Malinvaud lue à l’avant-dernière séance, m’a aussi engagé à faire cette recherche.
Doronicum scorpioides Willd. — Sous ce nom, M. Battandier a décrit, dans sa Flore de l'Algérie, p. -470, une plante assez répandue dans les montagnes des provinces de Constantine et d’Alger ; elle est caractérisée génériquement par des achaines de deux sortes : les achaines du disque sont tous pourvus d’une aigrette, les achaines radiaux en sont tous dépourvus. — D’autre part, M. Chabert déclare qu’il n’a jamais observé la plante décrite par M. Battandier, mais que, au contraire, il a recueilli au Nador de Medeah, au Dakla et au djebel Dirah une plante fort semblable d’aspect à celle de M. Battandier, mais distincte par la présence d’une aigrette sur tous les achaines radiaux. Ce caractère fait de la plante de M. Chabert un Aronicum, qu’il croit nouveau et qu’il nomme A ronicum atlanticum. M. Battandier, qui a beaucoup herborisé au Nador de Medeah, où M. Chabert a recueilli son Aronicum atlanticum, déclare qu’il n’y a jamais vu cette plante, mais qu’il y a toujours récolté le Doronicum qu’il a décrit et qu’il dit être commun dans toute la région montagneuse du Tell. N’y a-t-il donc en Algérie qu un Aronicum atlanticum comme le pensait M. Chabert, ou qu’un Doronicum scorpioides comme le pense M. Battandier, ou bien ces deux plantes s’y trouvent-elles réellement? On comprendra facilement quel intérêt il y avait à examiner les nombreux échantillons récoltés par les regrettés Cosson, Letourneux, Reboud, Warion, Charoy, etc. Tous répondent