OBSERVATIONS SUR L’ASSISE A MUCILAGE DE LA GRAINE DE LIN
par 11. Louis 1IA1GI1
L’assise externe du tégument des graines de Lin, qui se gonfle et se gélifie rapidement sous l’influence de l’eau, a été l’objet de nombreux travaux destinés à faire connaître la nature et le mode de formation du mucilage. J’ai été entraîné par mes recherches sur la membrane à étudier les gommes et les mucilages, et les observations que j’ai déjà pu faire m’ont démontré qu’il y avait encore à glaner sur ce terrain cependant si fouillé. J’exposerai dans cette Note les résultats de mes observations sur l’épiderme mucilagineux de la graine de Lin.
Deux opinions ont été émises sur l’origine et le mode de formation du mucilage produit par la graine de Lin. La première, exposée dans les traités de Matière médicale sous une forme incidente et non justifiée par des observations spéciales, consiste à envisager le mucilage comme le contenu des cellules épidermiques.
La seconde opinion, émise par les anatomistes à titre de conclusion de travaux spéciaux sur cette partie du tégument, consiste à représenter le mucilage de la graine de Lin comme le produit du gonflement et de la gélification consécutive des membranes épidermiques fortement épaissies.
Kützing (1), le premier, a montré que le mucilage de la graine de Lin, comme celui d’un certain nombre d’autres graines, est un produit de transformation des membranes; il a constaté que les membranes qui le produisent bleuissent au contact de l’iode et de l’acide sulfurique, et il rapporte la substance qui les forme à ïeugélacine.
Dans un travail exécuté surtout en vue d’établir la composition chimique du mucilage, Cramer (2) a nettement figuré les couches stratifiées de la région mucilagineuse emplissant complètement la cavité cellulaire et revêtues d’une membrane assez épaisse, séparée des premières couches mucilagineuses par une région granuleuse. La dépendance dans laquelle le mucilage se trouve relativement à la mera-
(1) Kützing, Grundiüge der philosophischen Bolanik.
(2) C. Cramer, Ueber das Vorkommen und die Entstehung einiger Pflamenscheime (Pflanien physiologische Untersuchungen von C. Nàgeli und C. Cramer, 3 Heft 1855, pp. 1-9).