Le P. Caussette, Manrèze, t. II, p
c'est Dieu qui gouverne toutes choses, et que nous sommes ses créatures aimées. Les portes du ciel s'ouvrent devant moi; avec le prophète David, jentre humblement dans le sanctuaire de Dieu, dans cet auguste tabernacle où se traitent . devant la sagesse infinie , les profonds , les impénétrables desseins de la paternelle Providence. Alors , grâce à cette resplendissante lumière de réternité, je m'aperçois, avec S. Augustin , que tout est sous l'œil divin. C'est ce qu'admirait David, lorsqu'il s'écriait : 0 Diec, vous savez oirimenl je m abaisse et comment je me relèoe , et vous avez prévu toutes mes voies. Oui, Seigneur, vous connaissez ce qui est ancien et ce qui est nouveau. Tous les hommes sont écrits dans votre livre : c'est vou^ qui mesurez mes jours ^ Quoi qu'il arrive donc de moi. je ne me livrerai point à l'humeur noire, à l'impatience, au désespoir. Levant les yeux, j'envisagerai mes peines à cette clarté supérieure. Le philosophe Epictète, encore qu'il fût païen , disait : « Le point essentiel de la religion envers le souverain Maître, c'est d'avoir de lui l'estime qu'il mérite : en sorte qu'on adore en même temps et son existence et la providence avec laquelle il gouverne le monde. D'où il suit qu'il faut se soumettre, et accepter tout ce qui arrive comme venant de l'intelligence la plus clairvoyante et la plus élevée. »
Rien de plus insensé que de parler de hasard dans le gouvernement de l'univers , et dans ce qui compose la vie de chacun de nous. Évidemment, c'est de Dieu que nous venons, nous sommes son ouvrage. Or, je le demande, quel est l'ouvrier qui dépensera tout son temps et tout son esprit à préparer ses outils, à les fourbir, les polir, les orner, sans se soucier autrement des objets qui en sortiront? Où avez-vous vu un habile sculpteur, après avoir produit un chef-d'œuvre, y avoir mis la dernière main, l'abandonner au milieu des copeaux , de la poussière , des débris de marbre, des toiles d'araignée, pendant qu'il se