CHAPITRE II
Que l'on a cru universellement à l'existence du Purgatoire.
Nous venons de voir, au chapitre préliminaire, p. 273, que les peuples même que n'éclairait point le flambeau de la foi ont eu le sentiment du purgatoire. Diec n'a jamais permis que les vérités premières fussent totalement effacées de l'esprit des hommes; ils les ont amoindries, défigurées, détournées à des objets indignes par le paganisme, mais sans en perdre la notion élémentaire, que l'on retrouve au fond de toutes leurs fables. Nous citions Platon. Voici de nouvelles explications sur sa doctrine, où l'on saisira la preuve de cette observation ^ .
Après avoir établi l'immortalité de l'âme comme une irréfutable vérité , et démontré que le véritable sage doit renoncer aux passions sensuelles, à tout et à lui-même (comme le dira plus tard Notre-Seigneur avec une bien autre efficacité) , il continue en recommandant Téloignement des plaisirs terrestres. Chaque volupté , suivant lui ,
1. C'est surtout dans le Phédon que nous relevons ces pensées. Platon y a condensé plus qu'ailleurs les idées philosophiques de son niaf- Ire Socrate. V. l'édition du Panlliéon littéraire, 1845, t. 1, pp. 474 «t saiv.