‹ Les douleurs de la vieChapitre 162 sur 292 · Sermon xxxii^ de Verbis Apostolorum · texte numérisé non relu

Sermon xxxii^ de Verbis Apostolorum

). songe point aux vertus de ma mère , pour laquelle jp » vous rends grâce avec bonheur : c'est pour ses péchés » que je vous prie. Pardonnez-lui . Seigneur, pardonnez- » lui 1 N'entrez point en jugement avec elle. Souvenez-vous » qu'étant près de sa fin elle ne pensa point à son corps . » et s'abstint de demander la pompe des funérailles : tout » ce qu'elle souhaita ce fut qu'on fît mémoire d'elle à )) votre autel , où elle savait que l'on offre la victime sainte » qui efface l'arrêt de notre condamnation... Inspirez, » ô mon Dieu, à tous mes frères vos serviteurs, qui liront » ce que j'écris, de se souvenir, à l'autel, de Monique vo- » tre servante, et qu'elle trouve non seulement dans mes » prières, mais dans toutes celles des autres, l'accomplis- » sèment de sa dernière volonté. » Il s'intéresse aussi , et montre que l'Église s'intéresse elle-même , aux âmes qui n'ont point laissé ici-bas de parents ni d'amis attentifs à prier pour eux : « N'omettons pas les supplications pour » les âmes des morts : l'Église prie, et ordonne de prier. » pour tous ceux qui sont morts dans la famille chrétienne » et catholique . même sans les nommer tous et dans un » mémento général, afin que la mère commune supplée de » la sorte aux pères et mères, aux fils, aux parents et amis » qui ne sont point là pour remplir ce devoir ^ . »

Quant au pape S. Grégoire le Grand, voici ce q,u'il écrit : « L'oblation de l'hostie salutaire apporte un secours 'considérable aux âmes, même après la mort: au point que parfois les âmes des défunts les réclament elles-mêmes. >> Cette dernière assertion ne serait-elle point une allusion à tant d'apparitions miraculeuses dont l'histoire est remplie, et dont nous donnons dans ce livre plusieurs exemples . puisés à des sources respectables et dignes de foi? S. Gré-

1. T)c curd pro mortu'is , cap. iv. Voir aussi, du même saint docteur : Enc/iiridion, 110; — De lerbis Apostoli, 17 et 34 : — XXI Civit. Dei, 24; — 84 in Jocmi.; — lib. de Hxresihus cap. 53, où Aérius est noté d'hérésie sur ce point spécial.

goire avait dit un peu auparavant, dans le même ouvrage : « Lorsque de graves péchés ne chargent point une âme , il » lui est utile que son corps soit inhumé dans l'église, parce » que ceux de ses proches qui y viennent prier ont souvenir » plus présent d'elles et intercèdent en leur faveur auprès )) de Dieu '. » De là nos anciennes sépultures dans les caveaux des églises et des chapelles , et l'emplacement préféré pour les cimetières, autour du lieu saint. Notre siècle, qui ne compte plus guère avec des vues aussi élevées, s'est peut-être exagéré les dangers que présentait une pratique pareille pour la salubrité publique. En tout cas, on voit là une preuve péremptoire de la dévotion universelle, comme temps et comme lieu , pour le soulagement des âmes souffrantes du purgatoire.

Au VII® siècle, S. Isidore, archevêque de Séville, l'un des plus érudits docteurs de son temps , fait cette remarque : (( Si l'Église catholique ne croyait pas que certains » péchés peuvent être remis aux fidèles après leur mort, » elle ne ferait pas l'aumône et elle n'offrirait pas le divin » sacrifice en faveur des défunts-. » — Enfin, S. Bernard s'élève contre ceux qui hésiteraient à croire à l'efûcacité de la prière pour les morts ^.

Pour les temps plus voisins de nous , il serait superflu de chercher des témoignages : les ouvrages des écrivains ecclésiastiques en sont pleins.

Telle a donc été, de tout temps, la foi de l'Église; les monuments nous en apporteront bientôt une autre démonstration.

f On lit dans les visions &' Anne-Catherine Emmerich, sous la date du 27 septembre 1825 : — « Cette nuit , j'ai beaucoup prié pour les âmes en peine. J'ai vu beaucoup

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