‹ Les douleurs de la vieChapitre 17 sur 292 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Qu'il ne faut pas seulement accepter la souffrance, mais qu'il la faut aimer.

La souffrance et les épreuves sont un grand don de Dieu, qu'il faut non seulement accepter de sa main avec soumission , mais qu'il faut aimer et rechercher. Ce langage, vraiment, n'est point celui de la nature, et au premier abord il étonne et confond. Cependant, voyons de près les choses, et nous serons convaincus.

N'est-il pas vrai que la vie présente est courte autant que misérable? Et malgré cela nous éprouvons pour elle une attache qui nous éloigne de Dieu, et rend pour nous le moment de la mort plus affreux : c'est comme un aveuglement épais sur nos intérêts les plus pressants, les seuls oérieux, ceux de l'éternité. Or, l'affliction, ménagée par une Providence miséricordieuse, éclaire notre esprit, suivant le mot de TÉcriture, et nous découvre puissamment la vanité et l'instabilité des choses de ce monde : c'est une leçon à laquelle aucun sophisme , aucune illusion , aucun intérêt mal entendu , ne peut nous soustraire; l'illumination se fait par force dans notre âme , et y laisse une précieuse traînée de lumière. Alors disparaît la fausse, la trompeuse idée des grandeurs et des plaisirs du monde , d'où l'on se réveille douloureusement à la dernière heure. Au contact de ces misères, qui s'imposent quoi qu'on fasse, notre cœur se détache de l'affection pour les faux biens, et Dieu se sert de ce dégoût et de nos chagrins pour nous en retirer. C'est donc un remède précieux entre tous.

Mais . en outre , l'adversité nous ôte le moyen de commettre les péchés et les fautes auxquels nous serions plus naturellement enclins. La perte de la santé , par exemple, nous empêche de nous livrer aux plaisirs criminels que peut-être nous eussions recherchés avec fureur, que cer-

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