‹ Les douleurs de la vieChapitre 215 sur 292 · De Correptione et Gratuit · texte numérisé non relu

De Correptione et Gratuit

lOO LE PURGATOIRE.

vérité, d'avoir confiance en Marie et de Tinvoquer dans ses douleurs au pied de la croix, de l'invoquer sous les titres de ses litanies : Mère admirable, Consolatrice des affligés, Reine des anges et des saints. Elle Texhortait au souvenir fréquent des âmes du purgatoire, qui ont tant besoin qu'on s'intéresse à elles dans leur délaissement et leurs douleurs. Un jour que ces entretiens se continuaient , la cloche de l'élévation se fit entendre à une église voisine : aussitôt l'apparition d'y courir et de s'agenouiller humblement. — Plusieurs semaines se passèrent dans cette touchante et merveilleuse intimité. La défunte annonça, dès les premiers jours de décembre, que le temps de sa délivrance approchait. Le 8 , jour de llmmaculée-Gonception , elle se montra pour l'avant-dernière fois, mais environnée d'un tel éclat que sa jeune amie n'en pouvait soutenir la vue ; et le 10, pendant la messe de l'octave, elle vint plus resplendissante encore, salua l'autel, ensuite la jeune fille, et s'éleva dans les airs , où un brillant messager, son ange gardien sans doute , vint à sa rencontre , l'embrassa tendrement , et . se dirigeant vers le ciel , l'emporta dans les célestes parvis. — Ces faits avaient été connus du public; l'autorité ecclésiastique s'en émut; tout fut examiné canoniquement, et déclaré authentique par le vicaire-général de l'archevêque de Trêves ^

Un prédicateur défunt, de l'ordre des Dominicains, apparut, à Cologne, à l'un des religieux, sous des vêtements magnifiques et ayant sur la tête une couronne d'or. Interrogé sur la signification de ces ornements, il répondit qu'ils représentaient les âmes sauvées à l'occasion de ses prédications, et que la couronne d'or en particulier était le prix de sa fidélité à observer les moindres prescriptions de la règle, et de la pureté d'intention qu'il s'était appliqué à avoiHoujours. Il fit connaître qu'il souffrait cependant en-

1. Le P. Eusèbe de Nuremberg, jés.,Z)e Pulchritudine DeiJi, 11.

core pour l'expiation de paroles légères, dites sans autre but que de satisfaire une gaieté trop expansive ; sa langue endurait seule des tourments '.

L'ouvrage d'où nous venons de tirer ce récit en contient, au même endroit , un autre non moins instructif. — Dans les îles Canaries, au couvent de la Conception, le vénérable serviteur de Dieu frère Jean Via, franciscain, le modèle de cette maison, tomba dangereusement malade. Pour le soigner on lui donna un frère nommé Ascension, simple novice encore , mais fort avancé dans la perfection religieuse , et qui mit tout son dévouement et tout son cœur à s'acquitter de sa charitable fonction. Le malade, malgré tant de soins, expira, et dans les sentiments les plus édifiants. Le bon infirmier, après lui avoir fermé les yeux et avoir assisté à ses funérailles, se retira à l'écart afin de prier pour lui, et continua cette sainte œuvre durant quelques jours. Un soir, dans la plus grande ferveur de sa prière, il aperçut tout à coup devant lui un frère de Tordre , tout baigné en de lumineux rayons qui remplissaient la cellule ; cette lumière n'avait rien que de suave et de doux au regard. Puis tout s'effaça. Le prodige se renouvela une seconde fois, sans que le bon frère osât interroger l'apparition. La troisième fois néanmoins , s'enhardissant , il lui demanda : « Qui donc êtes-vous? Que venez-vous si souvent faire en ce lieu? » L'apparition répondit : « Je suis le frère Jean de Yia, qui vous ai obligation pour les prières que vous ne cessez de faire monter au ciel en ma faveur. Je viens vous apprendre que, grâce à la miséricorde divine, je suis dans le lieu du salut, parmi les prédestinés à la gloire, et ces rayons vous en sont un témoignage. Cependant je n'ai pas été jugé digne encore de voir la face du Seigneur, pour un manquement qu'il me faut expier. Durant ma vie terrestre.

1. Les Merveilles divines dans les âmes du Purgatoire^ par le P. Rossignol!, traduct. V. Postel, 15^ édit., p. 279.

jai laissé par ma faute la récitation de certains offices pom^ les défunts, auxquels j'étais obligé par la règle. Je vous conjure donc très instamment , au nom de l'affection qui nous unissait, et bien plus encore au nom de votre amour pour Jésus-Christ, de faire en sorte que ces offices soient acquittés , afin que, dégagé de tout reste de dette, je sois admis à ma dernière félicité. » Le frère Ascension courut immédiatement raconter au père gardien sa triple vision : on assembla la communauté , et les offices furent récités le jour même. A peine étaient-ils terminés que l'âme se fît voir de nouveau au pieux novice, et plus brillante que les autres fois. Elle lui renouvela ses remerciements, lui promit de prier à son tour pour lui ; puis, montrant deux pères couronnés de gloire qui raccompagnaient , elle lui dit que celui de droite était leur séraphique fondateur, S. François d'Assise , et 1 "autre leur saint frère Bernardin de Sienne , qui avaient voulu l'assister dans son triomphe.

ÉléTation. — 0 Très Sainte Vierge, assistez-moi, vous aussi, au jour où je paraîtrai devant votre Fils pour rendre compte de toute ma vie. Obtenez pour votre enfant une sentence de miséricorde. Ahl pécheur que je suis, c'est la

miséricorde seule que je veux implorer.

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