‹ Les douleurs de la vieChapitre 225 sur 292 · NATURE DES SOUFFRANCES · texte numérisé non relu

NATURE DES SOUFFRANCES

me répond que cette flamme n"est pas plus matérielle que ne le sont les yeux levés sur Lazare, la langue altérée d'une goutte d'eau , le doigt du juste dont ce riche réclame le bienfait, dans un lieu où les âmes ne sont plus revêtues du corps : ce serait donc une flamme incorporelle qui brûle ici, une goutte incorporelle qui est demandée, comme ces choses se passent dans le sommeil ou l'extase : visions immatérielles qui reproduisent les images des corps. Dans ces divers cas, Ihomme n'agit qu'en esprit, et il se voit néanmoins si bien dans les conditions du corps, qu'il lui est impossible de distinguer. Mais non : ce supplice , cet élang de feu et de soufre ^ , sera bien un feu corporel, et il tourmentera les corps des damnés, hommes et démons, les corps solides des uns, les corps aériens des autres; c'est-à-dire les corps humains unis à Tesprit, et les esprits incorporels des démons, qui dans les embrasements de la flamme puiseront les tortures sans lui communiquer la vie. Car il n'y aura pour les uns et pour les autres qu'un seul et même feu : l'éternelle Vérité l'a dit-. »

Troisièmement. Quels seront les ministres des peines du purgatoire ? Nous l'ignorons. Seraient-ce les démons? plusieurs révélations et apparitions le donneraient à entendre' : mais ne sont-ce pas là plutôt des cas particuliers, en supposant les faits authentiques? Car il répugne, en vérité, de voir ces âmes saintes, confirmées en grâce, mises sous la main du démon, ne fût-ce qu'un instant. Il est vrai que dans cette vie les justes mêmes sont en butte aux tentations du maudit; mais ils sont encore dans la voie, les conditions du combat exigent la présence de l'ennemi : tandis qu'ici la victoire est acquise, le démon

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