‹ Les douleurs de la vieChapitre 242 sur 292 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Le Purgatoire d'après S'« Catherine de Gênes.

Cette illustre veuve , qui vivait au xv^ siècle , avait été dès l'enfance un modèle de mortification et de tendre piété. Elle avait eu le désir de se faire religieuse; mais des circonstances où elle dut voir la volonté de Dieu la retinrent dans les liens de la vie séculière , où elle sut se sanctifier par une attentive correspondance aux grâces singulières dont elle était l'objet de la part de Notre-Seigneur. Elle fut favorisée de visions et d'extases, où les choses de l'au-

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tre vie lui étaient présentées avec une grande clarté. C'est pourquoi on attache une valeur particulière à tout ce qu'elle a dit ou écrit sur ces sujets. Son court traité du Purgatoire est surtout célèbre : nous allons en donner des extraits ^

(( Les âmes qui sont dans le purgatoire ne peuvent , selon qu'il me semble le comprendre , avoir d'autre volonté ni d'autre désir que de rester dans ce lieu de souffrance, parce qu'elles savent qu'elles y sont par un ordre très équitable de la justice de Dieu. Elles éprouvent une si grande joie de se voir dans l'ordre de Dieu, qui accomplit en elles tout ce qu'il lui plaît et de la manière qu'il lui plaît , qu'aucune considération capable d'augmenter leurs souffrances ne peut se présenter à leur esprit. Elles contemplent uniquement l'opération de la bonté de Dieu , et cette ineffable miséricorde dont il use envers l'homme en faisant du purgatoire le chemin qui le conduit à lui. Quant à ce qui est de leur intérêt propre . peines ou biens , il leur est absolument impossible d'y arrêter leurs regards : si elles le pouvaient . elles ne seraient pas dans la charité pure.

» Je ne crois pas que , après la félicité des saints au paradis , il puisse exister une joie comparable à celle des âmes du purgatoire. Une incessante communication de Dieu rend de jour en jour cette joie plus vive, et cette communication devient de jour en jour plus intime , à mesure qu'elle consume dans ces âmes l'obstacle qu'elle y rencontre. Cet obstacle n'est autre que la rouille ou les restes du péché. Comme le feu du purgatoire va sans cesse consumant cette rouille , l'âme s'ouvre de plus en plus à la communication de Dieu. J'explique ma pensée par une comparaison. Exposez au soleil un cristal couvert d'un voile épais : il ne peut recevoir les rayons ; et la faute n'en est point au soleil . qui ne cesse de briller, mais au voile qui arrête les rayons. Que ce voile vienne peu à peu à se

1. En suivant la traduction du P. Marcel Bouix. publiée en 18G3.

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