M. l'abbé Lévesque, Les Mois des Morts, p
Les clefs de ces profonds cachots sont entre nos mains ; nous avons à notre disposition les eaux mystiques qui peuvent éteindre ces flammes dévorantes. Comme les anges et les saints, nous pouvons délivrer ces pauvres âmes de leur terrible prison. Bien plus : les anges et les saints ne le peuvent que par leurs prières, et nous le pouvons, nous, par toute sorte de suffrages et de bonnes œuvres. « Diel' nous a donné une telle puissance sur le sort de ces âmes, dit le P. Faber, qu'il semble plus dépendre de la terre que du ciel^ )) — « Quel superbe tableau que celui de cette immense cité des esprits, avec ses trois ordres toujours en rapport I Le monde qui combat présente une main au monde qui souffre, et saisit de l'autre le monde qui triomphe. L'action de grâces, la prière, les satisfactions, les secours, les inspirations, la foi, l'espérance et l'amour, circulent de l'un à l'autre comme des fleuves bienfaisants. Rien n'est isolé, et les esprits, comme les lames d'un faisceau aimanté, jouissent de leurs propres forces et de celles de tous les autres-. »
Terminons ce sujet par un beau mot de S. Athanase : « Lorsque la vigne est en fleur, le vin renfermé dans les tonneaux reçoit l'impression des vapeurs qui s'exhalent de la vigne , et il fleurit en quelque sorte avec elle : ainsi les âmes renfermées dans le purgatoire reçoivent une influence des bonnes œuvres qui fleurissent sur la terre ^. »
t 5. Philippe ISéri, fondateur de la Compagnie de l'Oratoire à Rome , avait pour les âmes du purgatoire une dévotion très tendre; son plus doux attrait était de prier pour celles dont il avait dirigé la conscience. A ses yeux, sa charité de père devait les accompagner jusque dans l'éternité, car la charité véritable ne s éteint jamais, dit