Le Purfjatoire, par le P. Munford, p
toire à subir nous-mêmes , si nous échappons , comme ii faut bien l'espérer, aux supplices de l'enfer! Comment solder une telle dette; comment parvenir à nous acquitter? Voici un moyen très efficace, béni entre mille autres, infaillible : procurons la délivrance de plusieurs âmes qui , par leurs louanges dans le ciel , compensent nos iniquités sur la terre. Par-là nous expierons nos offenses, puisqu en ouvrant à ces esprits déjà sanctifiés les portes du paradis nous rendons pour elles à Dieu les mêmes honneurs que lui rendent les habitants de la Jérusalem céleste : avec eux nous le bénissons, avec eux nous le remercions; mieux encore . nous les substituons en notre place pour le remercier et le bénir. Des vers de terre comme nous ne sauraient aspirera quelque chose d'aussi grand, et ce quelque chose, Dieu de lui-même nous l'accorde.
7 Le vénérable Demjs le Chartreux, était singulièrement zélé pour secourir les âmes souffrantes du purgatoire. Plusieurs d'entre elles lui apparurent, en diverses circonstances , pour solliciter ses suffrages, ou pour le remercier de les leur avoir accordés. Il demanda un jour à Dieu qu'il lui fit connaître l'état oii se trouvait son père, qui était mort depuis peu : mais il entendit une voix qui lui disait que, sans se mettre en peine de savoir le jugement que Dieu en avait fait , il devait offrir pour lui des prières, parce que, s'il était en purgatoire, il serait soulagé; sinon, le mérite de son oraison lui serait appliqué à lui-même. Ainsi, il continua de prier, et il eut la consolation d'apprendre que celui pour qui il avait tant gémi était délivré des peines expiatoires. — On remarque, entre autres apparitions que Dieu lui ménagea, celle d'un docteur de l'Université de Louvain, très saint personnage, nommé Jean : il fit connaître à Denys qu'il avait souffert , pendant plusieurs années, d'étranges tourments dans l'autre monde pour avoir possédé à la fois plusieurs bénéfices ecclésiastiques, quoiqu'il Teût fait croyant être en sûreté de con-
science, et que d'ailleurs il eût emploj'é très pieusement ces revenus ^ . — Nous devons prier pour tous les défunts, pour ceux même que leur vie édifiante nous fait considérer comme des saints.
ÉléTation. — Mon DiEU, les réflexions que je viens de lire me donnent un désir très ardent de contribuer de toutes n)es forces à la délivrance des âmes. Je vous offre à leur intention ce peu de mérite que je puis acquérir par mes prières , par mes aumônes , par mon désir de vous aimer, par les peines qui m'éprouvent dans cette vie. Que je serais heureux, Seigneur, de contribuer à apaiser votre justice, moi si misérable!