‹ Les douleurs de la vieChapitre 36 sur 292 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Comment les vrais amiis de Dieu se comportent dans la perte de leurs proches.

C'est la sainte Écriture qui nous trace elle-même les règles du deuil chrétien. — « Mon fils, dit-elle, répandez » vos larmes sur un ami mort, et pleurez comme un homme » qui a reçu une grande plaie. Ensevelissez son corps selon » la coutume, et ne négligez point sa sépulture. Faites, » pendant quelque temps, un grand deuil dans l'amertume » de votre âme ; mais ne soyez point inconsolable en. » votre tristesse ' . »

La tristesse donc, au milieu des deuils de la vie, n'a par elle-même rien qui offense le regard de Dieu, lorsqu'elle est contenue en de justes et chrétiennes limites.

! . Filî, in mortuum produc lacrymas, et quasi dira passus incipe f.lorare; et secundùin judicium contege corpus illius, et non despicias scpiitiurnm illius... Amarè fer luctum illius uno die, et consolare proitertristitiam. Eccli. xxxviir, 16.

Est-ce que Notre-Seigneur ne pleura pas, tout ému, sur la tombe de son ami Lazare? « Dès que Jésus eut vu les » pleurs de Marie et des Juifs qui étaient venus avec elle,

» si frémit dans son cœur et se troubla Et Jésus versa

» des larmes^ . »

Oui , nous pouvons pleurer sur nos bien-aimés défunts ; les sentiments les plus élevés de la nature, que nous tenons de la Providence , nous en font un devoir, une nécessité ; les cœurs insensibles à de tels coups n'ont rien d'humain.

Mais, encore une fois, cette douleur ne sera point le désespoir, le murmure, les ténèbres de l'âme. Ah! loin de là ! Gomme la pensée de l'éternité où nous nous reverrons pour ne plus nous quitter, de la volonté de Dieu qui doit l'accomplir avant tout et sur tous , de la sagesse de Dieu qui mieux que nous connaît ce qui nous est utile, ce qui procure sa gloire , combien cette pensée tempère l'amertume des plus légitimes regrets ! C'est ce qu'écrivait le grand Apôtre, sous l'inspiration du Saint-Esprit, aux fidèles de Thessalonique, peu de temps après leur conversion : paroles recueillies par l'Église dans son office des morts, et qu'elle nous y donne à méditer :

« Nous ne voulons point , mes frères , que vous restiez » dans l'incertitude au sujet de ceux qui se sont endormis » (du sommeil de la mort}, afin que vous ne vous laissiez » pas emporter par la tristesse comme ceux du dehors, qui » n'ont point d'espérance. Car, vraiment, si nous croyons » que Jésus est mort pour ressusciter, nous savons aussi » que Dieu attirera avec lui ceux qui se sont endormis en » Jésus... Et nous serons éternellement avec le Seigneur. » Consolez-vous donc les uns les autres dans la méditation » de ces vérités-. »

1. JÉSUS, ut vidit eam plorantem, et Judœos gui vénérant ciun eâ plorantes, infremuit spiritu et turbavit seipsum... Et lacrymatus est Jesls. Joan. xi, 33, 35.

2. Xolumus vos ignoravejraires, de dormientibus, ut non conti'is-

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