‹ Les douleurs de la vieChapitre 65 sur 292 · Ézéchiel, xxix, 1 et seq · texte numérisé non relu

Ézéchiel, xxix, 1 et seq

2. Multi de his qui dormiunt in terrée pulvere eviyilnbunt j alii in vitam œternam, et alii in opprobrium,ut videant 5e7?iper. Daniel, ïii, 2.

espéraient dans la résurrection : « Celui qui gouverne le » monde , disaient-ils au tyran , ressuscitera à la vie éter- » nelle ceux qui seront morts pour la défense de ses lois ^ . » Et, avant même la résurrection de Jésus-Christ, prémices et gage de la nôtre , Marthe disait au Sauveur, devant le tombeau de Lazare : « Je sais qu'au dernier jour mon frère » ressuscitera, dans la résurrection générale-. »

Quant à la croyance de l'Église, elle n'a ni hésité ni varié; elle ne le pouvait pas. Tous les Pères qui ont exposé sa doctrine, le Symbole par conséquent, ont insisté sur cette résurrection. TertuUien, qui touche aux temps apostoliques . en a fait tout un livre , où nous relèverons ces lignes significatives : — « La résurrection des morts est la confiance du chrétien : nous y croyons parce que la vérité ne nous permet pas un doute sur ce point, Dieu lui-même a\'ant parlé ». Et aussitôt il invoque les raisons de convenance , tirées de la dignité de la chair dans le chrétien, dans tout homme même, à cause de son union avec lame , et de la part qu'elle prend nécessairement à ses actes extérieurs. — « Qu'on se représente, continue-til, Dieu occupé à former le premier homme. A chaque linéament qu'il imprime au limon, il pensait à Jésus- Christ l'Homme futur, au Verbe divin qui un jour devait être limon et chair, de la terre en un mot... Et il fit l'homme à son image, c'est-à-dire l'image de Jésus- Christ. » Admirable et judicieuse pensée I « Ainsi ce limon, qui dès lors recevait l'image du Rédempteur à venir, était non seulement l'image de Dieu, mais son gage. »

TertuUien passe de là, plus spécialement, au chrétien. — « Aucune âme , écrit-il , ne peut être sauvée si elle n'a la foi pendant qu'elle est unie à la chair. C'est sur le corps que s'applique (pour ainsi dire le salut. Qu'une âme soit

1. Rex mundi defanctos non pro suis legibus in œternx vitœ rcsurrecttone suscHahït. II Mach. vu. 9.

2. Scio qv.ia resurget in resv.rveciione^in novissimo die. io-âX[n.\i,1i.

consacrée à Dieu, c'est par le corps que se fera le sacrifice. Le baptême, qui purifie l'âme, lave la chair; l'onction de la consécration se fait sur la chair ; sur la chair s'accomplit le signe de la croix pour que l'âme soit confirmée : la chair est couverte comme d'une ombre par l'imposition des mains afin que l'âme soit éclairée par le Saint-Esprit; c'est la chair qui mange le corps et le sang de Jésus-Christ, afin que l'âme soit nourrie de Dieu même. Or, unies ainsi dans l'opération, elles ne sauraient être séparées dans la récompense. — Les sacrifices agréables à Dieu, je veux dire les laborieux exercices de l'âme , tels que les jeûnes, les rudes abstinences, et tout ce que produit la mortification des sens , n'est-ce pas le corps qui les parfait à ses propres dépens? La pureté de la vierge, la chasteté de la veuve, c'est encore la chair qui offre au ciel ces parfums ^ » Et Tertullien finit en demandant si ce n'est pas aussi la chair qui souffre les supplices sous la main des persécuteurs. « Elle subit tout ce que la rage des bourreaux peut inventer de plus barbare; elle est déchirée, mise en pièces, dévorée par une mort lente : heureuse de donner sa vie pour le Dieu qui a donné la sienne , de périr quelquefois de la même mort que lui, si elle n'a pas à en subir une plus cruelle encore. »

Est-il donc possible que cette chair, associée de si près au travail , aux combats et aux gloires de la vertu , n'ait à attendre que les vers du sépulcre? « Eh quoi! elle serait sans espérance de ressusciter, elle que Dieu a formée de ses mains , elle qu'il anima du souffle de sa propre vie ; elle qu'il n'a établie dans cet univers que pour lui en donner l'empire ; elle qu'il a revêtue de ses sacrements ; elle dont il aime la pureté, dont il approuve la mortification, dont il apprécie les souffrances ! Gomment , cette chair ne ressusciterait pas , elle qui tant de fois s'est humiliée devant Dieu! Ah! le monde entier nous crie qu'elle sortira

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