Traité De Resurrectione carniSj ch. vi
du tombeau. Oui, ces révolutions continuelles de la nature, où rien ne meurt que pour renaître, sont un témoignage universel de la résurrection des morts. Dieu Ta écrite par ses œuvres avant de l'écrire par des lettres; il Ta prêchée par sa puissance avant de l'annoncer par sa parole ^ »
Ces considérations, si admirables, suffisent bien pour nous montrer, à la fois , et la raison de la résurrection et à quel point l'Église la tient pour fondamentale dans son symbole. Nous pourrions les faire suivre de celles de S. Ambroise, dans le discours prononcé sur la mort de son frère Satyre, que nous avons cité plus haut-. Recueillons-y ces quelques lignes.
Après avoir rappelé que toute production naturelle du sol périt pour se produire : « Pourquoi, dit-il, vous étonner qu'un jour la terre rende aussi les corps qu'elle a recouverts, alors que toute semence qui lui a été confiée, elle la vivifie, la pousse en haut, la revêt, l'entoure, la protège? Cessez de douter de la fidélité de la terre à restituer le dépôt du genre humain , elle qui rend au centuple les graines jetées dans son sein... Quoil la Providence veillera sur la reproduction des plantes , et naura de celle de l'homme aucun soin? Celui qui ne souffre pas la complète destruction de ce qu'il a donné pour l'usage de l'homme souffrira que périsse l'homme lui-même, créé à son image ? — Mais la résurrection est chose impossible à croire, direz-vous. Pourquoi? Est-ce que toute semence jetée en terre ne meurt pas d'abord pour reprendre vie? Semez une graine quelconque, toute desséchée : elle ressuscitera. Elle a, continuerez-vous , un suc intérieur. Est-ce que notre corps n'a pas son sang? voilà le suc qui lui appartient... La terre dégénèrerait-elle dans l'homme, elle qui régénère toute chose? D'où il suit que la résurrection der-