Bergier, Dictionnaire de Théologie, art. Résurrection
tercis ou le Mutilé. Ce fervent chrétien avait eu la faiblesse d'abord de renoncer sa foi ; mais , revenu bientôt à Jésus- Christ, il expia cette chute par la mort la plus héroïque, où la pensée de la résurrection fut sa force. Le roi de Perse, qui avait voulu l'interroger en personne, commanda de l'attacher au chevalet et de lui couper les membres les uns après les autres. Les bourreaux s'approchent, et déploient devant ses yeux les instruments qui devaient servir à l'horrible supplice. — « Cette mort, leur dit-il, qui se présente sous une apparence si affreuse, est bien peu de chose quand il s'agit de se procurer une vie éternelle. » Et comme ils tardaient : « Pourquoi, ajouta-t-il, attendez-vous ainsi? Exécutez l'ordre que vous avez reçu : me voici tout prêt. » Quand on lui eut coupé le pouce droit , il fit cette prière : « Sauveur des chrétiens, recevez cette branche de l'arbre. Il est vrai que l'arbre de mon corps pourrira dans la terre; mais il reprendra sa verdeur au jour de la résurrection, et je suis assuré qu'il sera couronné de gloire. » En vain on tente de l'attendrir sur lui-même en sollicitant son apostasie : — « La vigne , répondait le martyr, est dans un état de mort pendant l'hiver, mais elle revit au printemps : comment le corps de l'homme, alors même qu'on l'a mis en pièces, ne revivrait-il pas un jour? Je m'appuie sur l'espérance de cette résurrection, qui ne me faudra point. » Son visage paraissait radieux , et à chaque membre qu'on lui coupait il remerciait le Créateur. — « Maintenant que les branches sont tombées, dit-il encore, abattez le tronc : mon Maître céleste saura bien réunir mon corps et le reconstituer pour la récompense... » Il eut enfin la tête tranchée. Quel courage! quelle foil
Éiéyatiou. — Mon DiEU. la lumière meurt, pour ainsi dire, tous les jours, et puis elle reparaît comme si elle venait de ressusciter; les arbres se dépouillent de leur verdure, et ils se renouvellent chaque printemps comme s'ils naissaient pour la première fois : la semence elle-même se
corrompt et meurt dans la terre, et elle en sort pour produire de superbes moissons. Ainsi en sera-t-il de mon corps. Et il renaîtra d'autant plus glorieux qu'il aura été enfoncé plus avant dans l'humiliation volontaire et la mortification. Quelle consolation pour moi, en présence des douleurs de la mort ! quel encouragement à ne point épargner des sens qui tendraient d'ailleurs à m'emporter dans les régions du mal! Maintenez toujours, Seigneur, cette lumière devant mes yeux, afin que je reste chrétiennement clairvoyant et sage.