JI Corinth. iv
3. Tune jiisti fulgebunt sicul sol in régna Patris eorum. Matth. XIII, 43.
transforme en chyle, comment le grain se décompose avant de se multiplier, et tant d'autres mystères, pourtant palpables, de la nature? La résurrection sera un miracle, cela est de toute évidence : ce n'est donc pas aux lois ordinaires qu'il en faut demander l'explication. Ce miracle s'accomplira par l'intervention directe et dans toute la puissance de Dieu : et il ne sera pas plus difficile à ce pouvoir infini de restituer les corps que de leur donner une première fois l'existence.
Il faut partir de ce fait indubitable, que rien ne se perd dans la nature : ainsi, pas une des molécules de tous les corps humains ne s'égare: la divine puissance les rassemblera simplement, suivant leur forme première. Mais, dit-on, — 1° Les mêmes atomes ou molécules de matière peuvent appartenir à plusieurs corps différents : les cannibales qui vivent de chair humaine , par exemple . convertissent en leur substance celle des corps qu'ils ont mangés : au moment de la résurrection, comment faire la séparation? — 2° Par les observations scientifiques sur l'économie animale . on a découvert que le corps humain change continuellement , qu'il perd un grand nombre des parties de matière qui le composent, et qu'il en acquiert d'autres : d'après cela, au bout de sept ans il serait presque totalement renouvelé. Ainsi, à proprement parler, un corps n'est pas aujourd'hui entièrement le même qu'il était hier. De tous ces corps différents qu'un homme a eus pendant sa vie, quel est celui qui ressuscitera?
Nous répondons. — Il résulte de la première objection elle-même, c'est-à-dire de son énoncé, que le cannibale qui dévore un homme ne mange point les parties de matière dont cet homme était composé sept ans auparavant; et, lorsque ce cannibale meurt, il ne conserve plus aucune des parties du corps qu'il a absorbé sept ans avant sa mort. Il n'est donc pas vrai que les mêmes parties aient appartenu à deux individus distincts considérés dans la totalité de leur vie. Or. on en conviendra, il est fort indif-
férent qu'un homme ressuscite avec les parties dont il était composé lorsqu'il a été dévoré , ou avec celles qu'il avait sept ans avant cette époque. — Pour qu'un corps soit le même, il n'est pas nécessaire qu'il récupère exactement toutes les parties de matière dont il fut autrefois composé. La chaîne , le tissu, le moule original , qui reçoit par la nutrition les matières étrangères , auxquelles il communique la forme, est, à proprement parler, le fond et l'essentiel du corps humain : il ne change point en acquérant ou en perdant ces parties de matière accessoire. De là vient que la figure et la physionomie d'un homme ne changent pas essentiellement en se développant et en croissant; que le corps humain ne peut jamais dépasser une certaine grandeur, quelque nourriture qu'on lui donne; qu'il est impossible de réparer par la nutrition un membre mutilé. Ainsi , à l'âge de trente ans un homme est censé avoir le même corps qu'à quinze , parce que le moule intérieur et la conformation organique n'ont pas varié essentiellement. Chaque corps a son moule propre, qui ne peut appartenir à un autre.
D'ailleurs, l'identité personnelle d'un homme consiste principalement dans le sentiment intérieur qui lui atteste qu'il est toujours le même individu. Son corps a beau se renouveler vingt fois , il se sent à soixante ans la même personne qu'à quinze. Or, c'est précisément la personne qui est le sujet des récompenses et des punitions. Il lui suffit donc de ressusciter avec un corps tel quelle puisse, avec lui, conserver le souvenir et la conscience de ses actions pensées ^
t Au IV® siècle , après que la paix eut été rendue à l'Église par la conversion de Constantin, il y eut en Perse cependant une grande et cruelle persécution , dans laquelle les tjTans s'emparèrent de Jacques surommé depuis Vln-