‹ Les douleurs de la vieChapitre 72 sur 292 · Et erit sejjulchrum ejus gloriosum. Isaiœ xi · texte numérisé non relu

Et erit sejjulchrum ejus gloriosum. Isaiœ xi

tombeaux ; Abraham ensevelissant Sara âgée de cent vingtsept ans ^ ; les Hébreux ne quittant point l'Egypte sans emporter les ossements de Joseph. Les cérémonies des funérailles sont décrites en maint endroit de la Bible , et frappent par leur magnificence pieuse. Mais que dire des chrétiens, et dès le premier moment de la prédication de l'Évangile? La sépulture de leurs frères est pour eux un acte de premier ordre ; et, s'ils ont été martjTs, leurs dépouilles sont placées sous les autels, afin que Timmolation mystique du Fils de Dieu les couronne dès ici-bas. Le culte des reliques devient un enseignement de l'Église , autant qu'une de ses pratiques.

Le respect pour la dépouille mortelle des hommes est, au surplus, dans la nature, lorsqu'une brutale et niaise impiété ne Ta point pervertie. Les païens valent mieux, à cet égard, que les grossiers solidaires de nos jours, tombés d'autant plus bas que la dignité sainte de leur baptême les plaçait plus haut. En Chine, au Japon, chez les Tartares, comme autrefois chez les Romains et les Grecs, on environne de respect le cadavre humain. Les peuplades du Nouveau-Monde, au milieu de leurs incessantes migrations, quittent sans regret, pour de nouveaux rivages, les bords connus de leurs lacs et de leurs fleuves , et les forets qui ont abrité leur enfance; mais, toujours fidèles au culte des morts, elles emportent avec elles les ossements de leurs pères comme leur plus riche trésor, comme un héritage sacré. Pour ces tribus nomades, la patrie n'est absente nulle part, elle est là où reposent les cendres des ancêtres 2.

A Torigine , les hommes faisaient de leurs maisons les cimetières de la famille ; on y enterrait les corps. Et de là est venue la superstition des dieux lares, qui n'étaient autre chose que les ancêtres : à peu près le même culte qui se pratique d'un bout à l'autre de l'immense empire chi-

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