‹ Les douleurs de la vieChapitre 73 sur 292 · Delille, Imagination, chant vu · texte numérisé non relu

Delille, Imagination, chant vu

nois. Certaines peuplades d'Afrique n'avaient point d'autres dieux. On sait avec quel soin les corps étaient embaumés chez les Égj^ptiens, et quels monuments superbes leur étaient élevés, là comme ailleurs. Tel était ce soin chez les anciens , que les tombeaux donnèrent origine aux temples et aux édifices sacrés, au rapport des deux historiens Eusèbe et Lactance K La loi romaine avait ce principe : « Le lieu où un homme est enseveli devient sacré ^. »

Quant aux modes de sépulture, il y en avait deux : l'inhumation et la crémation. — Mettre le corps en terre, puisqu'il a été formé de terre, puisque la terre lui a fourni ses aliments, puisqu'il doit retourner en poussière , fut la première pensée. Celle de brûler les morts ne vint que fort tard ; Pline l'Ancien nous apprend que chez les Romains on commença seulement après les guerres lointaines, lorsqu'ils eurent constaté que les ennemis déterraient leurs morts pour les outrager ^. Encore continua-t-on, en bien des lieux, à inhumer comme auparavant. Les païens, étant persuadés que l'âme d'un homme privé de sépulture était condamnée à errer pendant cent ans sur les bords du Styx, regardaient comme un devoir sacré de jeter quelques pelletées de terre sur le corps qu'ils rencontraient dans la campagne. On privait d'inhumation les parricides et les suicidés ; et même à ces derniers on coupait la main droite, qui était jetée à la voirie. Plusieurs familles, des plus illustres même, s'opposèrent toujours à la crémation, c'est- :>dire à ce que leurs morts fussent brûlés. — Les Grecs Ijpûlaient ou inhumaient indistinctement. Mais, détail remarquable et qui fait voir que la résurrection future n'était pas absolument ignorée des idolâtres, le fameux philosophe Démocrite (450 avant J.-C.) s'élevait fortement contre la

1. Eusèbe, De Prœporafione evangelicâ^Xl, 7. — Lactance, De Falsd religione, I.

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