‹ Les douze génies [poèmes scéniques] (volume 3)Chapitre 3 sur 35 · NOTULE SUR LE SEPTIEME POEME (RABELAIS · texte numérisé non relu

NOTULE SUR LE SEPTIEME POEME (RABELAIS

Cette pièce fut la première du Cycle des Douze Génies à être représentée bien qu'elle ait été écrite plus de trois ans après La Dernière Dulcinée. C'est à ce noble et ardent ami de la poésie dramatique, Catulle Mendés, qu'elle dût d'être portée à la scène. Sous son inspiration, un jeune comédien, qui devait devenir un grand comédien, M. Armand Bour, avait pris le direction du Théâtre des Bouffes-Parisiens et s'efforçait de transformer ce temple de l'opérette en Théâtre des Poètes. Armand Bour, sur le conseil de Mendés, s'adressa à l'auteur, lui demandant une pièce pour le Théâtre qu'il voulait ouvrir. Les instances du Poète de Sainte-Thérhe me décidèrent à accepter les offres d'Armand Bour, — heureux de profiter du contact de la critique et du public pour mettre au point un des ouvrages de ce cycle, qui répondait le moins à mon caractère et à mes sentiments.

Les répétitions de la pièce me laissèrent le meilleur souvenir. Tous les interprètes semblaient partager l'avis du directeur et croire Rabelais plein d'intérêt scénique. Seul, je restais méfiant et sceptique. Il me semblait que la ténuité de l'action enlevait toute valeur théâtrale à mon œuvre. Je me trompais. Rabelais fut très bien reçu et a toujours retrouvé depuis, le chaleureux accueil que lui fit le public de la répétition générale, ce soir du lO Décembre 1904, où la pièce fut représentée pour la première fois.

Depuis lors, elle a été jouée un peu partout et reste au répertoire de divers théâtres.

Le rôle de Rabelais fut créé par Armand Bour, avec une intelligence, une sensibilité, une force qui furent justement admirées. Angelot Pignon c'était Henry Krauss. Catulle Mendés, écrivait : " il a fait de cette figure, une vision de cauchemar diabolique. " Cette création classa hors pair ce très grand artiste et aujourd'hui, que voilà près de dix ans écoulés, le souvenir s'en retrouve sous la plume de la plupart des critiques, chaque fois qu'il paraît sur une scène de Paris. M. Pradaly fut un Comte d'Entraves élégant à ravir et M. Francès

incarna avec une exquise bonhomie le Chanoine du dénouement. M™^^ Bertile Leblanc, jolie et harmonieuse Dolly, Fériel, noble et magnifique Comtesse d'Entraves, Gina Barbieri, étonnante de fantaisie dans M"*^ d'Entraves et Irma Perrot, parfaite Dame Rose, complétaient une distribution de tout point excellente.

J'ai souvent revu ces personnages avec d'autres visages, mais il sera difficile de réunir un ensemble plus heureux que celui qu'Armand Bour avait réussi à grouper autour de lui.

Je me souviens avec émotion de sa foi en mon œuvre. Il eut pour elle les sentiments paternels que je n'ai jamais moins éprouvés devant aucune de mes pièces.

Albert du Bois.

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