‹ Les douze génies [poèmes scéniques] (volume 5)Chapitre 31 sur 37 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

BÉRÉNICE, seule

Quel Dieu m'a donc maudite !

Grâce, Dieu d'Israël !... Jupiter !... Aphrodite !... Qui que tu sois, Puissance éternelle... Innomé ! Grâce ! Grâce ! Ne me prends pas mon bien-aimé... Dieu, si par trop d'amour, parfois, je fus impie. Tu t'es assez vengé... Vois comme je l'expie ! Si j'ai livré mon être entier trop ardemment, A mon Amour, à mon Seigneur, à mon Amant, Toi qui me vois, penché sur l'éternelle voûte, Ecoute mes sanglots, Destin ! Ecoute !... Ecoute !... Voilà quinze ans, — quinze ans ! — que nous ne faisons qu'un ! Si le bonheur humain ne t'est pas importun. Si tu n'es pas méchant et cruel. Maître, Juge, Aide-moi ! Quel que soit ton nom, sois mon refuge !

Si tu peux tout, tu peux me sauver ! Sois clément !

Ne me condamne pas à ce déchirement !

Dis ? quel encens veux-tu ? quel don, quel vœu te touche ?

Dans quel temple... .?

{Clameurs indistinctes au loin.) Oh ! ces cris lointains ! Brute farouche. Ce peuple qui toujours hurle à la mort ! Loups ! Loups ! Une femme est heureuse, il faut qu'ils soient jaloux... Trois cents... Il a dit vrai ! Trois cents... oh ! c'est horrible ! Sur Mars Ultor... c'est leur serment le plus terrible !

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