‹ Les douze mois de l'apicultureChapitre 14 sur 14 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

Le dernier mois de l'année apicole doit être utilisé en préparant son plan de campagne. Quel est le but de l'apiculteur? C'est certainement d'avoir une connaissance profonde de tout ce qui peut être utile à ses abeilles pour leur donner, par ce moyen, la plus grande

somme de plaisir et de revenus qu'il est possible

d*ayoir. Après avoir passé en revue les logements les plus simples et efficaces, les instruments les plus indis* pensables à la parfaite réussite, l'exposition ou le transport des ruchers aux endroits les plus abrités et les plus riches en pâturage, les maladies possibles, il nous reste encore à étudier les ennemis qu'il faut combattre ou éviter selon le cas et autant qu'il nous est possible de le faire.

Le premier et le plus grand ennemi est sans aucun doute le propriétaire ignorant.

Que sont, en effet, les ravages minuscules d'une souris ou d'un mulot qui ronge un décimètre carré de rayon, d'un papillon tête de mort qui prend la valeur d'une cuillerée de miel ou d'un oiseau qui happe une abeille par ci par là, à comparer avec l'homme qui ouvre les ruches à un moment désordonné, qui excite le pillage, qui écrase la mère, qui prend trop de miel, qui expose les rayons aux intempéries, etc. L'ennemi le plus redoutable, c'est l'ignorant propriétaire luimôme.

Pour nos contrées, si l'on excepte les maladies qui sont d'une gravité d'autant plus incontestable' que le propriétaire est incapable ou désarmé pour les prévenir ou les guérir, telles que le couvain pourri, la constipation ou la dysenterie, il y a en première ligne, toujours après l'homme, la fausse-teigne qui veille et dès que les colonies reculent en force numérique, prend possession des rayons abandonnés. Les ravages que fait la fausse-teigne sont considérables, aussi est-il du devoir de l'apiculteur d'en empêcher le développement par tous les moyens.

D'abord ne jamais laisser péricliter les colonies car les colonies nombreuses se chargent de tenir cet ennemi à distance. Ne jamais laisser traîner des morceaux de rayons, soit dans les ruches ,soit au dehors. Veiller à la propreté des ruches et balayer les résidus de cire où la fausse teigne aime bien pondre ses œufs. Pour conserver les rayons hors des ruches, on les soufre de temps en temps pour tuer les larves et à plus forte raison, les papillons. On peut aussi se défendre contre la fausse teigne en mettant quelques cuillerées de sulfure de carbone dans la ruche hermé-

— âr-

tiqtfeumfit ctoee^ cSetus le btt<l d^ j^Témrf^r le^ pa^^M^ vJriteB.

lie feeio» (Vespa cpato») n-est heureusement pas bien (tefflgereux dans nos contrées et quoiqu'on trouve quelques beaux spécimens de nids qu'ils font dans des vteitîes masures ou sur des branches d'arbres, il n'est jamais dangereux comme en Orient, où on trouve de gros nids sous terre ce qui les rend plus redoutables ét^t phis à rbri contfre las attaques.

MOft fr^e, Emile F. Baldensperger, qui continue l'apkulture postorale en Palestine et qui déplace par ccMiaéquent se» ruche» trois ou quatre fois l'aaanée, fuit les millions de frelons qui infestent les jardins de Jaffa pour aller se réfugier avec quelques centaines de ruches auoc marais de Roubine, et où il ne peut les faire porter qu'à dos de chameau. Cet oasis au milieu des sables offre la nourriture aux ruches, mais n'est pas favorable aux frelons. Les récoltes de fleurs d'orangers sont en avril, agnus-castus en juin, le thym en juillet, et c'est seulement en août-septembre que les frelons se multiplient et que les menthes et autres fleurissent aux marais.

La petite guêpe commune qui ressemble, quant à la taille, beaucoup à notre abeille et qui même en compagnie des italiennes et les palestiniennes d'une couleur analogue fait le plus grand tort à celles-ci par cette rssemblance, parce que les dégâts fait» par elle aux fruits sont mis sur le compte des abeilles. Le seul moyen de s'en débarrasser est de détruire les femelles qui vivent seules au printemps et ne deviennent dangereuses qu'en été après le grand développement, qui est heureusement très sujet aux intempéries.

L'hirondelle parmi les autres oiseaux insectivores peut porter un grand préjudice aux abeilles, car nous savons que la douce messagère du printemps chasse et happe avec sa compagne environ 7.000 insectes par jour pour elle et sa nichée, sans doute elle ne regarde pas de si près si ces insectes sont utiles à l'homme ou non. Néanmoins l'hirondelle comme le clairon apivore qui dévorent de quantités innombrables de frelons et de guêpes peuvent être considérés comme amis de l'apiculteur. Les petits quadrupèdes, les reptiles et les autres insectes ne peuvent être considérés comme des

ennemis dangereux, souvent ils rendent un grand service en mangeant les mortes et les mourantes autour de la ruche et ils désinfectent les alentours des ruches. Ces observations sont faites pour notre Midi, car j'avais à combattre, en dehors des frelons, en Palestine, des légions d*Agames (le Hardône des Arabes), et qui même ont rendu Tapiculture impossible dans certaines îles grecques des Gyclades.

Flore de Février. — li amandier et Veucalyptus sont d'un apport sérieux si le temps permet aux abeilles d'en profiter. Encore un peu de romarin. Les centaures et les mignonnettes annoncent l'arrivée du printemps. Les premiers labiés dans l'Estérel. Le thym.

Tout bouge, la colonie se prépare et l'éclosion de multitudes de fleurs causée par les beaux rayons de soleil invite à la résurrection et à la continuation sans cesse de la vie.

Page 1