‹ Les douze mois de l'apicultureChapitre 2 sur 14 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Pour réussir en Apiculture, il faut connaître le pays qu'on habite au point de vue mellifère et climatérique, étudier les habitudes des abeilles, se rendre compte de leurs mœurs et de la composition des habitants d'une ruche, mais surtout appliquer ses connaissances en temps voulu.

Ce n'est pas en lisant ces quelques pages qu'on pourra devenir expert en Apiculture, mais le lecteur trouvera quelques jalons posés à travers l'année apicole, désignant le chemin à suivre.

Pour avoir une notion exacte et approfondie de la vie et de l'anatomie de l'abeille, il faut lire les livres indiqués en Janvier de ce petit ouvrage, mais rien ne peut remplacer l'instruction faite dans le rucher même et à l'aide d'un expert qui voudra bien démontrer les points essentiels.

On doit choisir sa ruche après étude, réflexion et une. démonstration rationnelle. Toujours faut-il prendre les instruments les plus indispensables et les plus commodes, et la ruche la moins compliquée pour le maniement et surtout la moins encombrante pour les mouvements des abeilles.

L'année apicole commence au printemps avec le réveil de la nature, qui peut varier de deux mois selon le climat plus ou moins exposé aux chauds rayons du soleil.

Il va sans dire que la vraie culture des abeilles

donnant plaisir, bénéfices et familiarisation, ne peut se faire qu'à Taide de la ruche à cadres mobiles, base de TApiculture. La ruche fixe est comme une bouteille d'encre, dont on ne peut connaître l'intérieur que par ce qu'on en verse.

Pour faciliter les recherches, la brochure est divisée en « travaux de la saison », pas strictement séparés, car souvent un travail peut s'étendre à plusieurs semaines, voire même à des mois. Quand, par exemple, il est question d'essaimage, de récolte, d'hivernage et de repos, chacun de ces événements peut varier selon les circonstances qui les entourent, dans la localité même.

L'année apicole, c'est-à-dire le moment du réveil de la Nature, la Fête de la Résurrection des êtres, après le repos hivernal, est pour nos régions, en Mars, et c'est de là que nous repartirons, comme les abeilles ell«smêmes, flui commencent à se développer sérieusement en Mars.

On ne peut jamais être le défenseur assez énergique de notre abeille, qui, en notre beau pays de France, est encore traitée avec trop d'indifférence, sinon avec hostilité. Combien de personnes, apparemment bien éduquées, diront « les guêpes », en parlant de l'abeille à miel; qui diront avec conviction que les abeilles mangent des fruits, sans se rendre compte de la construction de leur suçoir, fait uniquement pour pomper le nectar des fleurs, et de la construction de leurs jambes, faites pour transporter le pollen, et ce faisant, féconder les fleurs et rejeter les larves d'insectes nuisibles en fouillant après nectar et pollen.

L'abeille qu'on craint tellement, tout en étant féroce si on la dérange dans sa ruche, est un véritable poltron dès qu'elle en est éloignée de quelques mètres.

ARRÊTÉ Concernant les ruches dans les Alpes-Maritimes

Article premier. — Les ruches établies dans les villes et villages devront être entourées d'une clôture continue pour en rendre l'approche inaccessible aux enfants.

Art. 2. — Les distances à observer sont ainsi fixées:

Clôtures pleines : Pas de distance à observer. Lés ruches pourront être appuyées au pied dé la clôture. Clôtures à claire-voie : La distance est fixée à 5 mètres de la propriété voisine, à 10 mètres des chemins publics et à 20 mètres des écoles publiques, casernes et hôpitaux.

Art. 3. — Dans les campagnes et sur les terrains entièrement découverts, la distance sera de 5 mètres des propriétés voisines et de 10 mètres de la voie publique.

Art. 4. — MM. les sous-préfets, commandants de gendarmerie, commissaires de police et maires du département sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de Texécution du présent arrêté, qui sera publié et affiché dans chaque commune et inséré au Recueil des Actes administratifs de la Préfecture.

Le Préfet des Alpes-Maritimes. A la session du Conseil général d'août 1898.

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