Les douze vertus d'un bon maitre proposées par le Vén. J.B. de La Salle, expliquées par
U ne suffirait pas de connaître les obligations que nous imposent nos vœux, si nous ignorions les moyens qui nous sont nécessaires pour répon* dre, comme il faut, à la fin de l'In* stitut, qui est l'instruction des enfants.
C'est pour cette raison que notre intention, présentement, est de traiter matière des vertus qui conviennent à un bon Maître.
Vous ne pouvez, M. T.-C. F,, q Ue recevoir avec empressement un ouvr** ge qui est, pour vous, d'une si grande importance. Le plan en a été donné
par le Vén. de La Salle, notre digne Fondateur; nous l'avons composé d'après ses principes et ses maximes ; ce que nous avons tiré d'ailleurs a été puisé dans les auteurs les plus estimés.
Les vertus, ou, ce qui est ici la même chose, les qualités, les talents d'un bon Maître sont : la Gravité, le Silence, l'Humilité, la Prudence, la Sagesse, la Patience, la Retenue, la Douceur, le Zèle, la Vigilance, la Piété et la Générosité.
Notre dessein n'est pas de parler de ces vertus d'une manière générale ; nous nous contentons , et nous devons nous contenter, d'en faire uniquement l'application à la fin que nous nous proposons, et c'est sous ce rapport que nous les considérerons dans la suite.
Voici Tordre que nous suivrons.
Nous développerons le vrai caractère de chaque vertu, les traits particuliers qui lui conviennent, et ceux qui lui sont contraires; ainsi ce sont des tableaux, et autant de tableaux à tracer qu'il y a de vertus. En les voyant, un Maître attentif et intelligent apercevra sans peine .«e qu'il doit faire et ce qu'il doit éviter pour rendre utile l'enseignement dont il est chargé.
Mais, avant de commencer, nous ferons observer qu'il serait peut-être facile de donner à ce grand nombre de vertus une liaison et un certain enchainement entre elles. Ainsi, on pourrait mettre la Sagesse dans le premier rang, parce qu'elle présente le grand objet, l'objet entier qu'un Maître doit se proposer ; la Prudence dans le se-
cond, parce qu'elle lui fait connaître la manière de le bien remplir. Ensuite viendraient les autres vertus, chacune à sa place, et l'ouvrage serait terminé par la Douceur. Elle est en effet le complément des vertus d'un bon Maître, par l'excellence du prix que lui donne la Charité, qui est la reine et la maîtresse de toutes^s vertus; mais une pareille chaîne nous a paru être une chose de pure curiosité, sans aucune utilité réelle, et nous avons cru devoir suivre l'ordre que le Vén. de La Salle a lui-même jugé à propos d'indiquer.